Autrement en Pays Charolais

Julien Dray : Sarkoy transforme l’Elys ?e en "local de l’UMP" !

par Webmestre le vendredi 9 mai 2008

Julien Dray a accusé jeudi Nicolas Sarkozy de dérive partisane, au lendemain des propos du président contre ses prédécesseurs, la presse et Ségolène Royal, rapportés par des députés UMP à l’issue d’un déjeuner à l’Elysée. Pour le porte-parole du Parti socialiste, le chef de l’Etat a transformé le palais présidentiel "en local de l’UMP". Lors d’un déjeuner-débat avec les parlementaires de l’UMP mercredi, Nicolas Sarkozy s’en est pris aux précédents présidents de la Ve République, du général de Gaulle à Jacques Chirac qu’il a accusé, selon plusieurs participants, d’avoir "mal gouverné la France".

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Il a également critiqué la presse qu’il a jugée trop clémente avec Ségolène Royal, lors de sa condamnation en appel pour salaires non versés début avril, et, plus globalement, d’être partisane. Julien Dray dénonce des "propos qui traduisent une dérive préoccupante de celui qui devrait être le premier des Français, au-dessus des contingences partisanes et des intérêts personnels". Un président de la République ne peut réduire "son discours et son analyse politique à une chicaya de basse-cour contre son prédécesseur et contre son adversaire à la dernière élection" présidentielle, poursuit-il. Selon Julien Dray, le chef de l’Etat ne doit pas non plus se livrer "à une série d’accusations déstabilisatrices à l’égard de la presse de son pays, dont il a pourtant usé et abusé quand cela l’arrangeait".

Le PS demande à Nicolas Sarkozy "de se concentrer sur l’exercice de ses fonctions naturelles de modérateur et de régulateur et de ne pas doubler les très graves difficultés économiques et sociales que traverse notre pays d’une crise politique et institutionnelle". Selon plusieurs députés présents à l’Elysée mercredi, Nicolas Sarkozy a accusé Jacques Chirac d’avoir mal gouverné la France après avoir "mis 23 ans pour se faire élire" alors que lui avait atteint l’Elysée dès sa première candidature présidentielle. Le président a également vanté sa "majorité confortable", qu’il a comparée avec la majorité d’une voix avec laquelle le général de Gaulle avait dû composer en 1967. Actuellement, "il n’y a pas d’opposition, c’est la presse qui fait fonction d’opposition", a dit le chef de l’Etat selon un député villepiniste.