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Le pr ?sident des riches : Le Fouquet’s : les amis du CAC 40 au c ?ur de la f ?te, suite.

Article mis en ligne le 17 novembre 2010 par Webmestre  

Du couvent au yacht.

Au milieu des flots de champagne, le nouveau président oubli son intention de se retirer dans un couvent pour prendre le temps de la réflexion en dehors des vicissitudes de la politique politicienne.

Un premier écart entre la posture annoncée et l’attitude adoptée. Le lendemain de cette soirée mémorable, pas de recueillement dans l’austérité des cellules et des cloîtres. Nicolas Sarkozy s’embarque sans tarder sur le bateau de plaisance mis à sa disposition par Vincent Bolloré, qui offre au couple présidentiel d’alors son jet privé, un Falcon 900EX, pour rejoindre Malte où est amarré son yacht de 60 mètres, baptisé La Paloma, « ça commence Malte » titre Le Canard enchaîné.

La fête au Fouquet’s et cette croisière ont marqué brillamment et bruyamment l’intronisation du nouveau président. Ces rites de passage ont indiqué le sens du changement. La rupture ne sera pas celle que l’on pouvait espérer. Elle sera bien plus proche de l’exhortation de Guizot, au XIX ème siècle, « Enrichissez-vous », que de la promesse de la campagne présidentielle selon laquelle on pourrait « travailler plus pour gagner plus ».

Le sacre de Nicolas Sarkozy est celui du cynisme social : l’argent ne doit plus se cacher, il est la consécration naturelle du talent, du courage, de l’utilité sociale et de toute réussite.

Il est parfaitement légitime que les riches soient riches, puisque toute cette accumulation est le moteur même de l’économie et de la croissance. Ces riches sont donc bien en droit de fêter la victoire du meilleur d’entre eux, de celui qui assurera la continuité et le perfectionnement du système qui, affirment-ils, a définitivement fait la preuve de sa supériorité.

Les épisodes suivants du feuilleton vont raconter, en un récit tragi-comique, les cadeaux faits aux plus riches et les réformes rétrogrades qui conduisent à l’appauvrissement des plus pauvres.

Les contorsions physiques et linguistiques du président ne sont toutefois pas parvenues à masquer les grandes faveurs faites aux amis du Fouquet’s, instaurant entre la République et certains de ses serviteurs une atmosphère de cour qui n’est pas sans rappeler celle de Louis XIV, analysée de façon magistrale par le sociologue Norbert Elias.

(Norbert Elias, La Société de cour, Paris, Flammarion, « Champs », 1985.

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