· Autrement en Pays Charolais

Autrement

Législatives 2017

Recherche sur le site :
Dans la même rubrique :
Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
Accès direct
Travailler plus pour gagner plus. D’accord. Mais pourquoi faire ? Pour se retrouver au ch ?mage !

Article mis en ligne le 6 octobre 2007 par Webmestre  

C’est Verdun pour les salariés de kléber à Toul.

Par Thomas Calinon

Sur le parking parsemé de feuilles mortes de l’usine de pneus Kléber, à Toul (Meurthe-et-Moselle), les véhicules des salariés sont pour la plupart chaussés de produits « maison » prêtés par l’entreprise. Devront-ils les rendre en 2009, date prévue de la fermeture du site ? Mercredi, Michelin a dévoilé son intention d’arrêter la production à Toul, qui, avec 826 employés, fait des pneus milieu de gamme. Les ouvriers encaissent mal la nouvelle. Depuis mercredi, ils viennent à l’usine, mais n’y travaillent pas. Discutent par petits groupes le long des chaînes, autour des chefs d’équipes et des représentants syndicaux, qui n’ont pas appelé à la grève. « Y a pas grand-chose à dire, c’est le coup de poignard dans le dos, direct ! » souffle Gilles, 40 ans, marié et père de famille, « crédit voiture, crédit maison, la totale... » Regard las et empli d’amertume, il attend le bus et résume vingt-deux ans d’ancienneté : « Pas syndiqué, à fond dans le boulot, toujours disponible. On fait des heures sup, on essaye de donner le meilleur, et voilà le remerciement ! Faut relever la tête, comme ils disent... »

« Mutable » . Michelin s’est engagé à proposer deux postes en France à chacun des salariés de Toul. « Partir où, pourquoi ? » questionne Gilles. « Pour se retrouver dans la même situation dans cinq ou six ans ? C’est pas du concret ça ! ». Il ne voit pas d’autre solution que de « repartir à zéro, sans diplôme, sans rien ». La semaine prochaine, des réunions sont prévues pour savoir qui est « mutable ». Les questions se bousculent dans la tête de Patrick, 37 ans, père de famille lui aussi : « Est-ce qu’on s’en va ? Est-ce qu’on arrivera à bien vendre la maison ? Est-ce qu’on peut en retrouver une ? Est-ce que ma femme pourra trouver un boulot ? Est-ce qu’il y aura des transports en commun (elle n’a pas le permis) ? » « Il y a quand même des gens qui sont prêts à partir, parce qu’ils veulent à tout prix garder leur emploi, affirme Jacques Auxerre, délégué syndical central FO. M ais le social, on ne veut pas en parler maintenant. » Les organisations syndicales tiennent un discours avant tout économique. Elles accusent Michelin d’avoir « organisé la mort » du site, selon l’expression de Pierre Kovalski, délégué syndical central CGT : « En 2006, Michelin a lancé une nouvelle gamme de pneus Kléber, fabriqués partout sauf à Toul. Le site était donc menacé puisqu’il ne reposait que sur une gamme en bout de course. » Ensuite, décision a été prise d’arrêter en Lorraine la production de pneus pour camionnettes, qui représenterait un tiers des volumes. « On a noté qu’il y avait un problème, mais la direction disait qu’on nous donnerait autre chose. On n’en a jamais vu la couleur », commente Laurent Pesenti, de la CGT.

« Réinvestir ». Depuis 2001, les salariés travaillent 40 heures par semaine, en échange de deux jours de RTT supplémentaires. En 2006, un accord a été signé, qui prévoit six jours de travail en plus par an, contre 6 % de hausse salariale. « C’était pour assurer la pérennité de la boîte, dit Jacques Auxerre. En fin de compte, ils avaient déjà prévu de la fermer. Ils nous ont menés en bateau ! » La direction dit qu’elle a investi 45 millions d’euros à Toul en sept ans. Mais selon les syndicats, l’effort n’a été orienté qu’à la marge vers l’outil de production. « 45 millions d’euros, c’est à peu près le bénéfice net cumulé de la société Kléber sur les deux dernières années », calcule Pierre Kovalski. En début de semaine, les syndicats devraient connaître les premiers résultats d’une expertise, réclamée en juin, sur les comptes de l’entreprise et sa viabilité. « La question, c’est combien il faudrait réinvestir pour y arriver », résume la CGT. Quand les syndicats auront « des billes », ils comptent en profiter pour « réveiller les politiques ».

Le forum Répondre à cet article (pas de message pour le moment)
Ce site à reçu 826425 visites dont 94 aujourd'hui.Maxi/24 h. : 551 visites.  Moyenne : 406 visites/jour.
Site réalisé sous SPIP d'après le squelette Durzy - 2006 - Plan du site - Espace Auteurs Charte