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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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Talk : Arnaud Montebourg, Le d ?put ? PS de Sa ?ne-et-Loire ?tait l’invit ? du Talk Orange-Le Figaro.

Article mis en ligne le 9 octobre 2008 par Webmestre  

Guillaume Tabard - Bonsoir, la crise financière s’invite dans la vie politique avec le débat, organisé demain à l’Assemblée nationale sur le sujet. Arnaud Montebourg, bonsoir. Vous êtes député socialiste de Saône-et-Loire, à quoi faut-il s’attendre demain de la part du PS ? À un ralliement ou, au contraire, à une charge contre le gouvernement ?

Arnaud Montebourg - Peut-être une attitude d’abord constructive. Un rappel des responsabilités. Il y a une forme d’aveuglement qui a présidé pendant les cinq ou six dernières années d’exercice par la droite, l’UMP, disposant de la quasi-totalité des pouvoirs par rapport à la manière dont fonctionne aujourd’hui l’économie.

La faillite des banques américaines, c’est la droite française ?

Je dirai que la façon dont aujourd’hui nous sommes contaminés, et notre système bancaire est allé finalement imiter les errements et dysfonctionnements dans l’affaires des subprimes, montre bien que nous ne sommes pas suffisamment équipés et protégés. Premièrement, des règles insuffisantes et nous allons rappeler qu’à chaque fois que nous avons fait des propositions tant sur la régulation, mettre des règles, vous savez, on met des radars sur les routes mais pas sur les routes de l’économie financière. Là, il n’y a pas de radars, pas de gendarmes, pas de lignes blanches, tout est permis et c’est la conséquence de ce que nous vivons, c’est-à-dire l’effondrement de Wall Street. Et puis, par dominos, la mise en cause de tout notre système économique de financement de l’économie. Deuxième imprévoyance il faut rappeler les responsabilités , c’est le paquet fiscal. Il est intervenu au plus mauvais moment alors que la crise des subprimes était non seulement connue, annoncée et vérifiée par les experts, l’été dernier. Maintenant les marges de manœuvre nous sont interdites et la préparation du budget est une tension incroyable, du jamais vu dans le niveau d’endettement du pays, dans l’impossibilité aujourd’hui de gouverner économiquement le pays.

Là des règles Nicolas Sarkozy veut en mettre, il a annoncé aujourd’hui que les parachutes dorés étaient finis, que les stock-options étaient finies, s’il n’y en avait pas également pour tous les employés d’une entreprise. C’est exactement ce que réclame et prône le Parti socialiste.

C’est vrai, mais c’est un peu tard, puis il n’y a pas que les problèmes de parachutes dorés. C’est une mesure presque anecdotique. C’est la question de la surrémunération du capital, des actionnaires, pas seulement des dirigeants et de la sous-rémunération du travail. Bref, de l’économie réelle par rapport aux bulles spéculatives de l’économie financière. Ce déséquilibre-là fait aujourd’hui partir toute l’économie, y compris celle du travail où l’entrepreneur, le chef d’entreprise comme le salarié concourent au même but : c’est-à-dire la rentabilité d’un produit sur le marché.

Mais ce qui est en jeu, c’est aussi la confiance des épargnants et lorsqu’il y a le feu, ne faut-il pas justement, c’est une expression de François Fillon faire l’union nationale. D’emblée vous critiquez la politique économique du gouvernement, mais pour créer la confiance ne faut-il pas se mettre d’accord sur les solutions d’urgence ?

La droite gouverne dans toute l’Europe. C’est elle qui est aux manettes de l’Union européenne. La démocratie, c’est le débat. Nous avons besoin de discuter des mesures. Si des mesures rencontrent notre accord nous le dirons. D’ailleurs, les dirigeants des Partis socialistes européens et sociodémocrates viennent de se rencontrer à Paris...

À l’Assemblée nationale...

... avec Jean-Marc Ayrault. Ils ont fait des propositions de protection de notre économie, finalement, j’allais dire, d’organisation de sas décontaminant des actifs toxiques qui nous viennent d’outre-Atlantique.

Ils ont prôné également une action commune de toute l’Europe, c’est ce que Nicolas Sarkozy a essayé de faire ce week-end et ce sont les Allemands qui ont un petit peu résisté, notamment les Allemands où les socialistes sont au gouvernement ?

Oui, enfin Mme Merkel n’est pas socialiste.

Je vous le concède.

Et par ailleurs, elle-même a changé d’avis puisqu’elle vient, après l’affaire d’Hypo Real Estate et le risque de faillite d’un grand établissement immobilier de banque en Allemagne, de commencer à bouger. Il y a, à l’évidence, des convergences sur ce qu’il faut faire dans la situation actuelle pour protéger l’épargne et les épargnants, plus que les actionnaires et les spéculateurs. Il va falloir faire le tri. Là les socialistes apporteront leur contribution, parce, protéger les épargnants et l’épargne des Français, ça n’exclut pas de demander des comptes aux spéculateurs. Je veux juste vous donner un exemple. Aujourd’hui un spéculateur sur un marché, un trader, c’est bonus quand il perd mais c’est bonus quand il gagne. Dans les deux cas c’est bonus-bonus. Le bonus-malus ou plutôt le malus-malus, c’est pour le citoyen et contribuable français. Mais pour le spéculateur et le trader, c’est toujours le bonus.

Au sein du PS justement, cette crise pourrait-elle favoriser les motions situées les plus à gauche, dont celle de Martine Aubry que vous soutenez ?

Nous faisons l’analyse depuis d’ailleurs longtemps, j’en faisais partie quand nous avons créé le NPS (Nouveau Parti socialiste), et Benoît Hamon était de ceux-là, nous faisions l’analyse que la toute puissance des marchés, l’aveuglement des gouvernements libéraux étaient payés très cher par les peuples, les citoyens, les contribuables, les consommateurs, les travailleurs, les chômeurs. Tout cet aveuglement, d’ailleurs il suffit de ressortir la lettre que Nicolas Sarkozy a envoyée il y a une dizaine de jours à M. Barroso, le président de la Commission européenne...

Là on s’écarte un peu du PS.

Non, c’est intéressant, où il dit : « Nous refusons le durcissement des règles. » Lorsque nous, nous défendons le durcissement des normes et des règles, on nous traite de léninistes. J’ai fait un débat, il y a quinze jours, avec Jean-François Copé il a dit : « Votre système d’interdiction de la titrisation de l’économie financière, c’est du léninisme. » Nous avons, c’est vrai, devant nous la différence entre la droite et la gauche, c’est que nous voulons avec Martine Aubry et avec tous ceux qui voudront nous rejoindre refaire un système économique, un nouveau modèle économique.

Parlons du PS précisément, vous soutenez Martine Aubry, après avoir soutenu Ségolène Royal à la présidentielle et avoir fait un pas de deux avec Pierre Moscovici. De très nombreux internautes, vous traitent en gros, et c’est le mot d’Artafel qui nous écrit d’Issy-les-Moulineaux et qui vous traite de « girouette ». Mais je voudrais vous soumettre une phrase de Pierre Moscovici que j’ai trouvée sur son blog, il y a quelques jours, il dit : « Un mot, enfin, sur Arnaud Montebourg. J’ai été très gentil avec lui. On me permettra un trait d’humour, chacun sait qui a varié dans son comportement et qui porte encore la même veste à l’endroit. » Ça casse ça non ?

Oui. Nous avons signé avec Pierre Moscovisi au mois de juillet un accord politique avec Martine Aubry, Pierre Moscovici et moi-même. Je me demande pourquoi Pierre Moscovici est allé au secours du statu quo.

Entre-temps vous l’avez lâché ?

Non. Je me suis battu pour que l’accord se fasse. J’ai même fait le marieur. J’aurais même dû faire une agence matrimoniale, tellement c’est difficile. Je ne veux pas rentrer là-dedans. D’abord parce que le vrai sujet est quelle est la ligne politique du parti qui va sortir de ce congrès ? Nous ne voulons pas d’un parti pâle, centriste, soumis aux thèmes de la droite. Nous voulons un parti ancré à gauche, qui propose une alternative aux gouvernements libéraux européens.

Croyez-vous à la victoire de Martine Aubry ?

Toutes les indications semblent placer la motion de Bertrand Delanoë assez largement en tête, lui-même parle de 50 %.

Nous ne pensons pas du tout que Bertrand Delanoë puisse gagner ce congrès. Nous pensons même que nous sommes en mesure de l’emporter pour construire ce rassemblement sur un parti qui n’est pas libéral social, comme l’a dit et annoncé Bertrand Delanoë, qui par ailleurs et ça c’est un point très important, parce que pour nous la motion de Bertrand Delanoë, c’est la motion Hollande bis, c’est-à-dire la perpétration de l’échec dans lequel nous nous trouvons depuis un certain nombre d’années : François Hollande, Lionel Jospin, Jean-Marc Ayrault, et tous ceux qui finalement ont pris la responsabilité de nous mener là. Notre position est une position rénovatrice et de reconstruction du Parti socialiste et y compris de son mode de fonctionnement. Il y a une aspiration profonde au changement dans le Parti socialiste que nous voulons porter le plus loin possible.

Verdict sur ce point après le vote des motions. Vous êtes député mais également président du conseil général de Saône-et-Loire et là aussi beaucoup d’internautes demandent, dont l’un s’appelle Fab, qui vous reproche d’avoir changé de position sur le cumul des mandats. Mais aujourd’hui président d’un département, vous êtes bien placé pour vous prononcer sur un débat que Nicolas Sarkozy veut lancer en 2009, celui de mettre un terme à l’empilement des structures administratives de la France. Faut-il regrouper région et département ? Il semble vouloir cette solution, en êtes-vous partisan ?

Nous pensons, je pense que c’est une analyse partagée, que le morcellement du territoire et l’empilement des structures, la superposition des structures est un inconvénient pour le développement des territoires.

Quelle solution ?

Cette question est une question qui est à l’ordre du jour et il faut la traiter. Les socialistes ne peuvent pas être des conservateurs en disant qu’il ne faut toucher à rien. Nous aurons, je pense, des positions de modernisation. Cependant, aujourd’hui la position de Nicolas Sarkozy telle qu’elle commence à apparaître est une position de matraquage des contre-pouvoirs territoriaux, c’est-à-dire qu’aujourd’hui il veut faire disparaître tout ce qui peut entraver la marche de ses réformes, de ses choix, et notamment devant des engagements massifs des territoires. Aujourd’hui je peux vous dire que la France rurale paie la facture du sarkozysme. Les petites villes, les campagnes paient très cher la fin des médecins de garde la nuit, la fin des bureaux de poste, la fin des hôpitaux, les fin des tribunaux de la carte judiciaire de Mme..., la fin des garnisons...

Mais ça ne me dit pas si vous...

Et je vais vous dire, je vous ai répondu, que cette opération d’arasement de l’État dans des régions qui ont toujours eu les piliers de la République à leurs côtés coûtera très cher à l’UMP et à la droite.

Une dernière question. On a appris que le parquet, à la surprise générale, avait requis le renvoi de Dominique de Villepin en correctionnelle dans l’affaire Clearstream, cela vous surprend-il ?

Non. Il n’y a plus, vous l’avez remarqué d’affaires politico-financières. Vous savez pourquoi ? Parce que le pouvoir les étouffe et les éteint. Les seules qui subsistent sont celles qui permettent de poursuivre les adversaires ou les rivaux du pouvoir, c’est le cas de ce pauvre M. de Villepin, qui ne mérite pas le sort qu’on lui a fait.

Arnaud Montebourg, merci.


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