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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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Tacles et coups bas.

Article mis en ligne le 23 décembre 2006 par Webmestre  

Une chose est sûre : la campagne présidentielle sera brutale. Les candidats ne se passeront rien. Surtout les deux favoris : Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Chacun guettera le moindre faux pas de l’autre. Sitôt débusqué, ce faux pas sera aussitôt monté en épingle et stigmatisé dans une grande clameur médiatique.

Le véritable tohu-bohu qui a salué le voyage de Madame Royal au Proche-Orient nous donne une assez bonne idée de ce qui nous attend.

On dira que c’est de bonne guerre. Après tout, la course à l’Elysée n’est pas une partie de bridge. Que chacun cherche à exploiter les cafouillages de son adversaire, c’est la règle démocratique.

A condition, toutefois, que cette guerre des mots ne s’accompagne pas de tricherie journalistique. Or, les médias audiovisuels sont mécaniquement tentés d’en rajouter, tant ils affectionnent les matchs simplificateurs et saignants.

Songeons à cette canonnade déclenchée par la droite contre Ségolène Royal en visite à Beyrouth. Les chaînes de télévision ont-elles vraiment joué leur rôle, qui consiste à nous donner des informations complètes ?

Ce n’est pas sur. Accusée de ne pas avoir relevé les propos tenus par un député libanais du Hezbollah - les israéliens comparés aux nazis -, Madame Royal a répondu qu’elle n’avait pas entendus lesdits propos car ils n’avaient pas été traduits. A la télévision, on n’a répercuté cette justification qu’avec une ironie à peine dissimulée.

Il se trouve que Bernard Emié, l’ambassadeur de France à Beyrouth, qui accompagnait Ségolène Royal, a confirmé point par point ce qu’elle disait. Lui non plus n’avait pas entendu la petite phrase honteuse.

Très peu de médias, pourtant, ont cru devoir diffuser ces commentaires du diplomate. On était dans une logique de chasse à courre et rien ne devait détourner la meute de son gibier : Ségolène.

Du coup, les amis politiques de Nicolas Sarkozy se sont crus autorisés - bêtement - à tirer à vue sur sa rivale. Si l’affaire s’est retournée au bénéfice de la présidente de Poitou-Charentes, c’est que les Israéliens, eux, avaient compris qu’elle n’avait pas « fauté ».

Cette histoire est consternante. Dès lors qu’on sacrifie à cette logique du pugilat, la vérité en fait les frais.

Dans les mois qui s’annoncent, ces petites distorsions du réel risquent de se multiplier.

Hélas !

Jean-Claude Guillebaud.

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