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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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Services publics : La Poste et le d ?sert fran ?ais !

Article mis en ligne le 20 août 2009 par Webmestre  

A en croire Xavier Théry, l’Etat s’est engagé dans une lutte à mort avec le service public. Après EDF et France Télécom, il s’attaque à un symbole : La Poste. Mais privatiser la Poste, c’est risquer d’accentuer encore la désertification de miliers de bourgs et de villages. C’est aussi, en creux, la promesse de démanteler tous les autres reliquats du service public.

Alors qu’on célèbre à nouveau le modèle français qui nous permet de mieux résister à la crise et aux dérives du capitalisme financier, le gouvernement reprend ses plans de privatisation du service public. Dernier acte en date : la modification du statut de La Poste. Le gouvernement jure ses grands dieux qu’il n’ira pas plus loin ; on sait comment il a tenu sa parole dans l’affaire d’EDF. Mais pourquoi la Poste, la SNCF, la RATP échapperaient-elles dans un proche avenir au sort d’EDF, de France Télécom ou d’Air France ? C’est donc le moment de s’interroger sérieusement sur les fondements et les finalités de l’idéologie qui veut à tout prix (au prix de la paix sociale ?...) privatiser les services publics contre toute logique économique...

UN EXEMPLE EDIFIANT DE CASSE SOCIALE : LA POSTE Où l’on comprend que le cas de la Poste illustre l’absurdité de l’idéologie de la privatisation...

A) La France dix fois plus riche, la Poste toujours plus pauvre...

Pour bien comprendre la situation, il convient de rappeler quelques chiffres. Le PIB de la France a été multiplié (en euros courants de 1990) par 10 entre 1914 et 2000. La production a donc été multipliée par 10. On parle à tort de richesse, c’est plus que la richesse : le PIB est l’accroissement annuel du patrimoine - une partie s’envole certes en consommation, mais une part non négligeable vient s’accumuler dans le patrimoine national. En dépit des dettes actuelles,

La France actuelle est donc beaucoup plus riche que celle de 1914, bien plus que 10 fois plus... Elle produit en tout cas 10 fois plus qu’il y a 90 ans... Eh bien, on apprend aujourd’hui que la Poste ouvre le deuxième tiroir de son plan de réduction de ses bureaux pour 2010. Le premier volet prévoyait de passer de 19 000 bureaux à 11 000 en cinq ans, le deuxième volet envisage lui de passer de 11 000 à 6 000 !... Ainsi donc la France de 1914 qui était dix fois moins riche qu’aujourd’hui et qui comptait seulement 40 millions d’habitants jugeait nécessaire de maintenir 19 000 bureaux de poste et 100 ans plus tard les Français qui sont devenus 60 millions et qui habitent toujours 36 000 communes ne devraient se contenter que de 6 000 bureaux. 13 000 communes perdraient leur Poste au nom de la modernisation de l’économie et de la rationalisation des moyens...

B) La Poste ne coûte rien, mais rapporte à l’Etat...

J’entends d’ici les objecteurs (de bonne conscience...) qui diront : « oui mais ces fonctionnaires nous coûtent cher »... « on ne peut plus entretenir des bureaux dans des villages désertifiés »... Rappelons ici à tous ceux qui maîtrisent mal le vocabulaire économique que les employés de la Poste sont certes des « fonctionnaires » mais qu’ils ne sont pas payés par le budget de l’Etat ni par les impôts des contribuables. Ils sont payés par « les timbres poste », tout simplement... Car la Poste est un service public marchand qui s’est toujours auto-financé par les services postaux qu’elle commercialise. Pendant les années 80, la Poste s’est même payé le luxe de verser chaque année 4 milliards de francs en moyenne à l’Etat pour rallonger son budget... Ces sont tous ces milliards envolés des caisses de la Poste pendant des années qui lui font peut-être défaut aujourd’hui pour provisionner largement ses pensions et moderniser certains bureaux. Alors comme on ne peut pas moderniser tous les bureaux, on ferme les bureaux, c’est plus simple. Et la France qui avait la meilleure Poste du monde s’engage sur la voie d’une privatisation de ses services. Car c’est bien cela qui se profile derrière la suppression de 13 000 bureaux de poste. On supprime les bureaux « non-rentables », c’est-àdire ceux qui rapportent moins que ce qu’ils ne coûtent et on garde les bureaux « juteux », c’est-à-dire ceux qui rapportent plus que ce qu’ils ne coûtent. Il s’agit bien évidemment d’un déni du principe de péréquation qui a toujours prévalu dans le service public : il n’est plus question de maintenir une égalité d’accès des citoyens aux services postaux (comment cela se pourrait-il quand on ferme 13 000 bureaux ?...) , mais de donner à l’entreprise « la Poste » toutes les apparences d’un placement attractif pour de futurs actionnaires : on repeint la façade (« window dressing » pour ceux qui pratiquent l’anglais financier...) afin de mieux attirer le chaland et les fonds de pension américains. Ces derniers rappelons-le exigent une rentabilité de 15% et on ne se suffira pas de 6 000 bureaux : il faudra encore réduire les effectifs de la future poste privatisée pour payer les pensions des retraités américains....

C) Les énarques complexés à la manœuvre...

La Poste correctement gérée ne coûte donc strictement rien à l’Etat et au contribuable et c’est simplement une idéologie de petits rentiers qui peut la conduire à s’auto-sacrifier sur l’autel du libéralisme. Les fonctionnaires énarques qui la dirigent depuis 10 ans sont d’ailleurs tellement complexés d’être fonctionnaires et de ne pas gagner les sommes faramineuses de leurs collègues du CAC 40, qu’ils accélèrent le mouvement de « modernisation », c’est-à-dire de destruction de la Poste en tant que service public. Il en résultera bien évidemment une accélération de l’exode rural, la désertification complète et définitive de milliers de bourgs et villages français et l’entassement des populations dans des banlieues sordides (et tout aussi sous-développées en termes de services publics...). Encore de belles ballades en perspective pour Sarkozy à Argenteuil ou ailleurs... Bien sûr on nous parle de services alternatifs : des guichets postaux qui seraient proposés à des tabacs ou des épiciers. Mais comment maintenir un tabac ou une épicerie dans un village ou dans un bourg quand l’hôtel des impôts, le bureau de poste, la brigade de gendarmerie et l’école communale ont fermé ? Quand tous les habitants vont passer leur samedi à 30 km de là, dans une zone commerciale sordide où le bureau de poste « rénové » trône sur un parking entre une « Halle aux chaussures », un « Norauto » et la cafétéria du « Casino » ?... Belle évolution sociale !... Comment passer de la cohésion locale à la prolétarisation culturelle régionale ! Comment transformer des « villageois » ou des « bourgeois » dignes en consommateurs débiles qui zonent dans leur ZAC à la recherche de la dernière promo !... 100 ans de progrès industriel et social pour en arriver là !...

Lire la suite de l’article de Xavier Théry sur ligo.fr

Xavier Théry - Ligo.fr | Mercredi 19 Août 2009


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