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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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Sarkozy pr ?sident, la vulgarit ? au pouvoir.

Article mis en ligne le 23 janvier 2008 par Webmestre  

On l’attendait, ça y est, il habite la fonction.

Mais avec quelle obscénité ! Et avec un tel démarrage, qu’espérer des quatre prochaines années ?

La présidence de Nicolas Sarkozy s’inscrit dans un tel rythme, baigne, en dépit des apparences musclées, dans une telle confusion, suscite à la fois tant d’effacement et de cacophonie ministériels, nous fait dériver si vulgairement de la majesté vers Sa Majesté people que la tentation pourrait nous guetter de traiter cette agitation désordonnée et clinquante sur le mode de la dérision et du ricanement.

On aurait tort. Ce serait mal mesurer le phénomène exceptionnel que représente le parcours de Nicolas Sarkozy depuis huit mois maintenant. S’il est un poncif qui traîne dans toutes les conversations politiques vaguement éclairées, c’est celui de l’inévitable adaptation de l’homme à sa fonction, du dépassement de l’imperfection personnelle par la charge et les responsabilités du Pouvoir. Un président de la République, pour résumer, quoi qu’on pense de sa politique et de sa pratique, représente globalement une avancée par rapport au candidat, comme si l’onction de l’élection, le suffrage universel créaient magiquement une aura et donnaient de la densité et de l’allure à qui aurait pu naturellement en manquer.

Jacques Chirac, lui, n’a jamais fait honte à la France Ce lieu commun, comme Proust nous l’a appris, contient, comme beaucoup d’autres, plus qu’une part de vérité.

Reportons-nous à l’Histoire de la Vème République et on constatera, quels que soient les antagonismes sur le fond, que de Charles de Gaulle à Jacques Chirac en passant par François Mitterrand, aucun de nos dirigeants n’a failli à cette règle qui veut que de la conquête du Pouvoir à son exercice, il y ait généralement, sur le plan personnel, une amélioration plus qu’une dégradation. Chez la plupart, la puissance a su retenir ou au moins masquer les faiblesses.

Jacques Chirac, qu’on s’est toujours plu à présenter comme un président chaleureux et accessible, n’a jamais pour autant fait honte à la France et aux Français par une conduite tellement bizarre et choquante qu’on la verrait sur les planches de l’Olympia plus qu’à l’Elysée ou en face des autres leaders en Europe et dans le monde.

Avec Nicolas Sarkozy, c’est l’inverse. Il y a là clairement une rupture. On pouvait, même en adhérant aux thèmes et au talent du candidat, s’interroger sur sa capacité, plus tard, à se mettre en retrait, à distance pour moins se préoccuper de lui-même et davantage de ses concitoyens. Une légère crainte, déjà, était susceptible de voiler le triomphe annoncé. L’accession au Pouvoir lui donnerait-elle cette sérénité, cette tranquillité, cette classe intimes qui seules faciliteraient ensuite la mise en œuvre cohérente, lucide et réfléchie d’une grande politique pour la France ?

Du candidat au président, de mal en pis La réponse est facile et malheureusement dramatique. Dès le soir de l’élection, on a perçu que Nicolas Sarkozy non seulement n’avait pas quitté son monde, ses vulgarités et son opulence mais les avait amplifiés. La suite n’a fait que confirmer cette immédiate déconvenue. Du candidat au président, on est allé de mal en pis. Contrairement à ses prédécesseurs, son arrivée à la tête de l’Etat n’a pas constitué un frein, une entrave, une limite pour ses débordements personnels mais les a justifiés et multipliés. Je suis président donc j’ai le droit d’être moi donc je peux tout. Et n’importe quoi.

C’est sans doute ce sentiment d’une inéluctable et pitoyable descente au Pouvoir que la société française commence à percevoir. Ségolène Royal évoque « une fin de règne ». C’est plus profond que cette notation très polémique. La tristesse démocratique vient du fait que pour la première fois nous avons un président qui est en dessous de la charge suprême qu’on lui a confiée.

Fin de règne ? Non, encore quatre ans.

Mais l’aurore promise a déjà des couleurs crépusculaires.

Mercredi 23 Janvier 2008 -

Frédéric Moreau

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