· Autrement en Pays Charolais

Autrement

Législatives 2017

Recherche sur le site :
Dans la même rubrique :
Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
Accès direct
Sarkozy, ou la folie des glandeurs.

Article mis en ligne le 25 janvier 2008 par Webmestre  

Tel un astre venu de son firmament, entouré de ses satellites ministériels et préfectoraux, le président de la rèpe a fondu matutinalement mardi 22 janvier sur un “grand ensemble” de Sartrouville, non loin de Paris, pour y porter sa bonne parole. Entendu ces quelques mots rapportés par la presse audiovisuelle, lors d’un bref échange avec des “djeunes” présents sur place et tout ébahis* : son “plan banlieue” leur donnera l’occasion de travailler et d’avoir une formation, “parce que la vie c’est pas de glander”. Nous ne ferons pas de commentaire sur la syntaxe du président, ni sur la pénétration de sa pensée, mais seulement sur “glander”, verbe d’une rare élégance devenu décidément un fleuron du vocabulaire gouvernemental.

Le gland est d’abord le fruit du chêne, ne l’oublions pas, et ce mot nous vient du latin : glans, glandis, et de bien plus loin, en fait, les linguistes le rattachant à la racine indo-européenne gwele. Dès l’époque latine, il avait développé aussi le sens d’”objet en forme de gland”. Son emploi anatomique date du XVIe siècle, et nous le devons à Ambroise Paré. Son sens figuré d’”imbécile” est venu encore plus tard, et le Robert historique compare le glissement progressif du sens, à première vue obscur, à celui qui a fait passer de “couille” à “couillon”. Le “droit de glandée” était aux âges féodaux le droit de ramasser des glands dans les chênaies seigneuriales (plus précisément d’y faire paître les porcs). “Manger des glands” était dans l’esprit des hommes des Lumières l’image même de la sauvagerie primitive. Glander est né au XIXe siècle, mais il n’a longtemps signifié que “ramasser des glands”. Le sens actuel, “attendre en vain” n’est attesté qu’en 1941 (avec une forte connotation sexuelle : comme “branler”), et glandouiller, autre parangon du verbe gouvernemental, daterait de 1938. Nous laisserons de côté glandage, glandule et glanduleux, qui existent, mais n’ont pas encore été intégrés dans le discours élyséen.

En conclusion nous dirons qu’un nouveau droit du peuple est dans le collimateur du pouvoir, le “droit de glander” ! Mais que les djeunes pourront toujours répondre avec superbe au président, en paraphrasant F. Mauriac : “Le vrai glandeur ignore les offenses des petits”*.

* On en entend juste un, qui semble acquiescer et dit : “oui, ça craint”, dans un remarquable emploi intransitif d’un verbe traditionnellement transitif.

* “La vraie grandeur ignore les offenses des petits.”

Le forum Répondre à cet article (pas de message pour le moment)
Ce site à reçu 773769 visites dont 170 aujourd'hui.Maxi/24 h. : 801 visites.  Moyenne : 381 visites/jour.
Site réalisé sous SPIP d'après le squelette Durzy - 2006 - Plan du site - Espace Auteurs Charte