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Royal bat Sarkozy ? l’audimat : est-ce le tournant de la campagne ?

Article mis en ligne le 20 février 2007 par Webmestre  

La candidate socialiste a rassemblé 8,9 millions de téléspectateurs, contre 8,2 millions pour Sarkozy il y a quinze jours.

Battue dans les sondages par Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a eu sa revanche à l’audimat : 8,9 millions de téléspectateurs de moyenne, soit 37% de parts de marché, ont suivi sa prestation lundi soir sur TF1 dans "J’ai une question à vous poser". Soit 700000 personnes de plus que pour Nicolas Sarkozy le 5 février dernier.

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candidate socialiste

L’émission de lundi soir s’est ainsi placée en tête des audiences, selon Médiamétrie, devant la série "FBI : portés disparus" (France 2). Double humiliation pour Sarkozy qui avait parié que lui atteindrait les 10 millions : bernique, son pic d’audience a tout juste frôlé les 9,7 millions de personnes tandis que lundi, Royal a touché jusqu’à 10,6 millions de téléspectateurs à 21h33.

Allez, pour la route, une troisième humiliation : Royal a battu Sarkozy en période de vacances scolaires, alors que la télévision réunit moins de téléspectateurs.

La question n’est venue qu’après une heure et quart d’émission hier soir sur TF1. Mais, en ordre d’importance, c’était sans doute la première. C’est Charlotte, 63 ans, qui l’a lancée : « Croyez-vous sincèrement être prête pour affronter les responsabilités qui sont celles d’un chef d’Etat et à vous imposer face à ces frustrés du pouvoir ? » Réponse déterminée de Ségolène Royal : « C’est beaucoup plus dur pour une femme. Mais je pense que le moment est venu pour la France d’avoir une femme à la présidence de la République. » Et la candidate socialiste de rappeler son parcours d’étudiante « partie de rien, élève boursière, produit de l’école de la République ». Sa trajectoire de professionnelle de la politique : « J’ai passé sept ans auprès de François Mitterrand, je connais tous les arcanes de la présidence de la République et du gouvernement, j’ai été trois fois ministre, quatre fois députée, je suis aujourd’hui présidente de région, je connais les rouages de l’Etat. » De quoi balayer les interrogations sur sa « compétence » et sa « légitimité ». Alors, oui, la candidate « pense être prête ». Et davantage : à plusieurs reprises, elle a assuré, volontariste, être « la seule à incarner et à pouvoir réaliser le profond changement dont la France a besoin » ou « la seule à pouvoir régler » les problèmes des banlieues. Allant même jusqu’à se féliciter d’avoir été « parfois un peu visionnaire » sur les questions environnementales.

Poings. Huit jours après l’annonce de son « pacte présidentiel » à Villepinte, et alors que la dépression sondagière persistante et les péripéties de campagne en viennent à prendre le pas sur le détail des mesures, Ségolène Royal a profité de l’émission J’ai une question à vous poser, pour mettre celles-ci en valeur. Veste blanche sur robe noire, accoudée à son pupitre, serrant parfois les poings quand elle parle jeunesse ou banlieue, elle a exploité chaque question émanant du panel de citoyens (lire page suivante) pour marteler ses propositions. Et c’était sans doute là l’essentiel pour Royal qui, depuis trois jours se préparait. « Elle n’a pas fait de training particulier, assurait Julien Dray, coordinateur des porte-parole de l’équipe Royal. Elle a réfléchi à son positionnement général. Mais l’objectif était de défendre son pacte présidentiel, de montrer qu’il est cohérent et efficace. » Un peu tendue au début de l’émission, elle s’est décontractée au fil des questions, conduisant le débat, souvent au détriment de PPDA. De fait, quel meilleur terrain qu’un « panel de citoyens », pour la championne de la méthode participative, pour jouer la carte de l’émotion, mettre en scène son appétence pour le quotidien et se poser comme la candidate de la rénovation ? D’emblée, elle l’a rappelé : elle entend « remettre debout la maison France. Certains se moquent de moi : ce n’est pas de la politique. Mais si, c’est de la politique. La France a besoin d’un changement profond ».

« Inquiétude ». La première question a été posée par un instituteur retraité : « La France est malade de ses retraites. Docteur Royal, si le scrutin vous désigne comme médecin référent, quelle serait votre thérapeutique ? » La candidate n’aurait pu rêver mieux, qui a sans tarder exposé l’ « inquiétude des salariés, entendue dans les débats participatifs », le « vrai problème sur les bas revenus dans notre pays », le « sentiment d’injustice » qui en découle. Et illico proposé une « revalorisation des petites retraites dès mon élection » et une réforme de l’indice des prix. Même mécanique face à une secrétaire qui l’interroge sur les difficultés des familles monoparentales : la candidate rappelle qu’elle a proposé « la création d’un service public gratuit de la petite enfance » et l’obligation scolaire à partir de 3 ans. « Ce qui nous permettra de créer des milliers d’emplois non délocalisables. »

Augmentation. Autre thème où elle est en empathie avec les intervenants : la santé. Au point de poser la main sur l’épaule d’un handicapé en fauteuil, lorsque celui-ci fond en larmes en posant une question. A Daniel, 45 ans, qui l’interroge sur l’accompagnement des personnes en fin de vie, elle promet, comme l’a fait Nicolas Sarkozy, d’ouvrir le débat pour « apaiser les souffrances les plus intolérables ». La candidate change de ton sur les salaires et de l’augmentation du Smic. Là, il faut faire oeuvre de pédagogie : « Il y a 4 millions de personnes au Smic, mais un salarié sur deux touche moins de 1 500 euros par mois. Beaucoup se sont dit : "Nous allons devenir smicards." Je ne veux pas écraser la hiérarchie des salaires. » Royal décline son pacte : conférence salariale, « système gagnant-gagnant » où seront aidées « les entreprises qui se battent », celles qui « réinvestissent leurs bénéfices », et pas celles « qui distribuent aux actionnaires ».

Elle tente la synthèse entre préoccupations sociales et réalisme économique. Elle explique que « l’augmentation des bas salaires participe de la relance de la croissance par la consommation ». Mais, aussi, assurant à des patrons de PME qui tentaient de la coincer sur la fiscalité ou les embauches : « Je veux être la présidente de la France qui entreprend et réhabilite l’esprit d’entreprise. » Les questions roulent aussi sur la politique. Et sur le rôle de son compagnon François Hollande si elle était élue présidente : « L’élection présidentielle n’est pas un gadget. Toute personnalité politique, et François Hollande a sa personnalité politique avec tous les talents qu’il a, sera utilisée. » Et d’ajouter : « Je ne veux pas commencer à distribuer des postes. » Sur un ton gaullien, elle souligne que la présidentielle est « un lien entre un pays et en l’occurrence, une femme », affirme-t-elle. Enfin, elle évacue tout accord de gouvernement avec la droite : « Le rassemblement des talents est nécessaire, mais les clivages politiques aussi, car, pour qu’une démocratie soit vivante, il faut des choix » .

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