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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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Respect du pluralisme politique

Article mis en ligne le 9 octobre 2007 par Webmestre  

Omniprésence

Cela n’a échappé à personne : Nicolas Sarkozy est omniprésent dans les médias, et en particulier sur les écrans de télévision. Chaque jour ou presque, il annonce ses projets, explique sa politique, fixe l’agenda, commente l’actualité, corrige son gouvernement, recadre son parti, fouette ses troupes parlementaires, et s’invite, de fait, dans les journaux télévisés. C’est de bonne guerre, dira-t-on : le président de la République occupe d’autant mieux l’espace que sa majorité est éberluée et l’opposition assommée.

Il n’empêche, cela finit par peser de manière excessive sur le débat public. Tel est le sens de la protestation adressée récemment par le Parti socialiste au président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), chargé en principe de veiller au "respect du pluralisme politique" sur les antennes. "Le déséquilibre actuel ne saurait perdurer. C’est une question de démocratie", déplore le PS. Il a raison : la règle coutumière des "trois tiers", selon laquelle les télévisions doivent respecter un équilibre entre les personnalités du gouvernement, celles de la majorité et celles de l’opposition devient caduque dès lors que le chef de l’Etat intervient à tout bout de champ.

A quoi le président du CSA, Michel Boyon - nommé par la droite, comme l’intégralité de ses collègues -, a opposé une réponse de Gribouille : "Le temps de parole du président de la République n’a jamais été pris en compte par les autorités de régulation de l’audiovisuel depuis 1982", au motif qu’il ne s’exprimerait pas au nom d’un parti ou du gouvernement, mais au nom du pays. C’est exact. A ceci près que ce qui valait pour François Mitterrand ou Jacques Chirac, délibérément économes de leur parole pour mieux apparaître au-dessus de la mêlée, n’a plus grand sens avec un président qui, chaque jour, entend aller "au charbon", se porter en première ligne de son camp et "gouverner", comme il ne cesse de le proclamer.

On est donc loin de la "République irréprochable" que Nicolas Sarkozy appelait de ses voeux le 12 juillet à Epinal. Plus loin encore de cette "démocratie apaisée" qu’il dessinait le même jour : une démocratie dans laquelle "l’opposition (serait) dotée d’un statut", et ainsi "en mesure, non pas d’empêcher la majorité et le gouvernement de gouverner, mais de les mettre davantage devant leurs responsabilités"... Réduite à la portion congrue sur les antennes, ladite opposition n’est guère en mesure, aujourd’hui, de jouer ce noble rôle.

Reste à espérer que, à défaut du CSA, le Comité pour la réforme des institutions, présidé par Edouard Balladur, s’empare de la question et adapte les règles de la communication politique à la nouvelle donne institutionnelle. Quand bien même cela agacerait l’actuel locataire de l’Elysée, ce serait tout à son honneur.

LE MONDE | 06.10.07 | 14h17 • Mis à jour le 06.10.07 | 14h17

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