· Autrement en Pays Charolais

Autrement

Législatives 2017

Recherche sur le site :
Dans la même rubrique :
Publié le 5 novembre 2006 par Webmestre
Accès direct
?Pas digne d’ ?tre membre du Parti socialiste ? : Le ton monte contre Georges Fr ?che.

Article mis en ligne le 19 novembre 2006 par Webmestre  

Georges Frêche, un habitué de la ligne jaune Les multiples dérapages de Frêche créent un gros malaise à gauche. Par Pierre DAUM

Ses propos sur l’équipe de France s’inscrivent dans une carrière marquée par les insultes et les provocations.

Georges Frêche, un multirécidiviste. « C’est sûr que ce n’est pas son premier dérapage. Mais depuis quelques mois on a l’impression qu’il ne se maîtrise plus du tout. Je me demande si sa maladie [en octobre 2004, Frêche a été hospitalisé pour une opération à coeur ouvert, ndlr] n’y est pas pour quelque chose... » Cette réflexion d’un élu communiste, dans les couloirs de l’hôtel de région Languedoc-Roussillon, à Montpellier, reflète l’ambiance de crise profonde qui règne au sein de la coalition de gauche, victorieuse des élections régionale d’avril 2004 sur une liste menée par Georges Frêche.

Le dernier dérapage du président socialiste de la région sur l’équipe de France de football a provoqué un tollé d’une intensité nouvelle à Montpellier. Il déplorait que l’équipe nationale soit composée de « neuf Blacks sur onze », alors que « la normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre », une proportion qui constitue selon lui « une honte pour la France ».

Lang : « Pas digne d’être membre du Parti socialiste » Hollande saisit les instances disciplinaires du PS. Le MJS réclame l’exclusion. Des footballeurs s’insurgent. Par Pascal VIROT

Le ton monte contre Georges Frêche. Et pas seulement de la part de ses amis politiques. Vendredi, François Hollande a annoncé qu’il allait saisir la commission des conflits du PS sur le cas de Georges Frêche, après ses propos racistes sur le trop grand nombre de « Blacks » dans l’équipe de France de football. Interrogé sur France Inter, le premier secrétaire du Parti socialiste a indiqué qu’il ne savait pas « dans quelles circonstances ces paroles ont été prononcées » .

« En tout cas, elles ont choqué : on ne conçoit pas la composition d’une équipe de France en fonction des couleurs de peau mais simplement des talents » , a déclaré Hollande, grand amateur de football. Composée de 23 membres, la commission des conflits avait déjà été saisie à la suite des déclarations de Frêche sur les harkis, elle avait décidé en mai de son exclusion de deux ans de la direction du parti.

« Mamamouchi ». Pendant des décennies, cet ancien maoïste devenu député socialiste de l’Hérault en 1973 (à 35 ans), puis maire de Montpellier en 1977, a été vanté pour son « franc-parler » et son « esprit visionnaire ». Avec, comme bouclier à toute critique, la formidable transformation de Montpellier pendant les trente années de son règne à la tête de la ville.

C’est ainsi que ce professeur de droit, agrégé des universités, se permet depuis des années des sorties de toutes sortes, certaines à la limite du racisme, d’autres de la diffamation.

En juin 2000, lors de l’inauguration d’un tramway, il se moque d’une passante portant un voile musulman, puis enchaîne en comparant à la ville marocaine de « Ouarzazate » le quartier de la Paillade, à forte population immigrée.

En mai 2003, dans un entretien à un hebdomadaire local, il soutient que « l’incapacité de notre pays, depuis quarante ans, à intégrer convenablement les millions de citoyens nés, sur notre sol, de parents d’origine étrangère, constitue [...] la plus grande menace intérieure pour notre avenir » ( Libération du 28 février).

Et le reste à l’avenant. Pour lui, Nicolas Sarkozy est un « grand mamamouchi aux talons compensés » (février 2005), Montpellier « un poste avancé de Tsahal » (juin 2006), et le pape Jean Paul II un « abruti » (avril 2005).

D’éminents historiens osent-ils critiquer son projet de musée dédié aux Français d’Algérie ? « Rien à foutre des commentaires d’universitaires trous du cul , rétorque Frêche en novembre 2005. On les sifflera quand on les sollicitera. »

Puis est venue l’affaire des harkis : le 11 février, apostrophé en public par un groupe de harkis, il sort de ses gonds, et les traite de « sous-hommes » . Ces propos lui valent un procès (qui aura lieu dans quelques jours) et une suspension du bureau national du PS pour deux ans.

Jouant systématiquement de son titre d’ « historien », alors qu’il est simplement spécialiste de l’histoire du droit, Frêche parsème la plupart de ses interventions publiques de digressions sur l’histoire des trois derniers millénaires de n’importe quel pays du monde, ponctuées d’affirmation parfois surprenantes : « Jamais la Chine n’a envahi le Tibet. Ce sont les Tibétains qui ont envahi la Chine » (juin 2005).

Ou encore : « Les Sénégalais sont plus français que les Bretons : les premiers le sont depuis 1532, alors que les seconds depuis 1536 » (jeudi).

Proximité avec Le Pen ? La plupart de ces dérapages seraient restés inconnus s’ils n’avaient été rapportés par Midi libre , comme ce fut le cas sur l’équipe de foot. « Et encore , soupire un journaliste du quotidien, on ne rapporte pas tout ce qu’on entend. S’il fallait reproduire toutes les conneries que Frêche sort, ça remplirait une page chaque jour. »

Georges Frêche est-il raciste ? Personne, en terre languedocienne, n’ose l’affirmer ouvertement. « Je ne pense pas qu’il le soit , répond l’ancien ministre Jean-Claude Gayssot, aujourd’hui principal allié de Frêche parmi les communistes de la région. Par contre, ses propos sur l’équipe de foot sont sans aucun doute racistes. »

« Il est vrai que je ne suis pas un adepte de la langue de bois », se justifie Frêche. Certains le traitent de raciste ? « S’il y en a un qui a combattu le racisme ici depuis trente ans, c’est bien moi. J’ai fait rentrer à la mairie des Français de toutes origines et de toutes confessions. » La proximité de ses propos sur l’équipe de foot avec ceux tenus par Le Pen le gêne-t-il ? « Je suis farouchement opposé à ses idées, que je combats depuis quarante ans. Mais Jean-Marie Le Pen ne dit pas que des bêtises toutes les secondes. »

Libération.fr

Le forum Répondre à cet article (pas de message pour le moment)
Ce site à reçu 634665 visites dont 378 aujourd'hui.Maxi/24 h. : 801 visites.  Moyenne : 476 visites/jour.
Site réalisé sous SPIP d'après le squelette Durzy - 2006 - Plan du site - Espace Auteurs Charte