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Nicole Eschmann : Le soir du 23 d ?cembre 2006, je rejoins le groupe de SDF.
Le soir du 23 d ?cembre 2006, je rejoins le groupe de SDF install ?s depuis une semaine sous des tentes rouges au bord du canal Saint-Martin, ? Paris : le service d’ordre interne, brassard rouge, assure bien, pas d’alcool, refus d’instrumentalisation, mais est tr ?s inquiet : parviendra-t-il ? g ?rer le campement si les tentes continuent de s’ ?tendre apr ?s la deuxi ?me passerelle ? de 50 tentes samedi dernier ? pr ?s de 200 ce soir , 370 personnes se regroupent pour dormir le soir ? deux ou trois par tente par moins deux degr ?s.

Article mis en ligne le 31 décembre 2006 par Webmestre  

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Plantu : Don Quichotte

Plantu :

Dimanche 31 décembre, à 20 heures, le président de la République présentera ses voeux aux Français, à la télévision, pour la douzième fois depuis son élection, en 1995. ...

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De grands panneaux cartonnés « attention SDF »

incitent les automobilistes à la prudence. Un couple de jeunes résidents du quartier demandent ce qu’ils peuvent donner et rapportent 5 minutes plus tard une couette et un blouson. Une dame chic annonce qu’elle fait de la soupe depuis 5 ans tous les soirs pour un petit groupe qu’elle connaît bien, mais elle est inquiète de ne plus le voir depuis une semaine : elle continue à descendre de chez elle de la soupe chaude, d’autres voisins apportent régulièrement de la nourriture. On discute avec animation autour de la table fournie. Quelques-uns portent sur eux les stigmates d’années de rue, mais la majorité sont jeunes, présentent bien, 30% seraient des travailleurs pauvres : un temps partiel (restauration, services) à 700 euros ne permet pas de payer un hôtel ou un studio à 600 euros. Les centres d’hébergement exigent d’être présents à 18h , impossible lorsqu’on travaille. Il ne reste plus que la rue et ses galères.

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Des « bien-logés » viennent connaître la douleur de ces nuits aux côtés de « mal-logés », qui craignent dans leur corps de ne pas en sortir vivant un matin. C’est le renversement du principe d’hospitalité, partager une nuit par moins deux degrés, dans le bruit et l’insécurité, au lieu de cacher la détresse de ces femmes et ces hommes dans son domicile bien chauffé. Les deux longues alignées de tentes rouges, réfléchies dans l’eau du canal par les décorations lumineuses de Noël, ne sont pas « de la poudre aux yeux » ni une « agitation de pré-campagne électorale », comme se défend Catherine Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale, mais une réponse spectaculaire de citoyens humiliés de la condition inhumaine d’une partie des leurs et écoeurés d’une politique libérale d’abandon de chacun à ses malheurs personnels.

Et Nicolas Sarkozy découvre tout d’un coup qu’il y a des pauvres.

Il veut nous faire oublier que son programme économique est sous influence ultra-libérale américaine, élaboré par le Boston Consulting Group, une société américaine de conseil en stratégie sur la restructuration d’entreprises, qui nous restructurera la France comme les pays en voie de développement, avec les résultats catastrophiques que l’on connaît. Il ne nous fera pas croire qu’il peut avoir une politique sociale, il nous fait simplement les mêmes promesses que Chirac en 1995, cette fracture sociale qui en 12 ans est devenue béante. L’Observatoire national de la pauvreté a constaté une aggravation de la pauvreté « 7 millions de pauvres », (personnes seules, familles monoparentales, moins de 25 ans, personnes retraitées, travailleurs pauvres). La prétendue baisse du chômage (due en grande partie aux radiations administratives et à la démographie) est allée de pair avec une envolée du nombre de bénéficiaires des minima sociaux ou de Rmistes . L’emploi ne protège plus à lui seul de la pauvreté (caractère précaire d’un nombre croissant d’emplois, faiblesse de certaines rémunérations, diminution des contrats aidés) ; les contraintes augmentent pour s’alimenter (la consommation alimentaire et de qualité des produits consommés sont révélatrices des situations de pauvreté), se loger (les possibilités de logement et de choix de localisation sont de plus en plus contraintes, le poids des dépenses de logement pèse de plus en plus lourd ; la Fondation Abbé Pierre chiffre à 3,2 millions le nombre de personnes mal logées), se soigner (inégalités d’accès aux soins malgré la CMU, différences de perception individuelle de la santé). L’Observatoire s’inquiète ainsi de la « grande précarité d’une large partie de la population, pour qui le moindre incident peut signifier un basculement dans une situation de pauvreté ».

Aujourd’hui personne ne se sent plus en sécurité économique : cette crainte objective de voir sombrer ses amis, ses proches, ses voisins dans cette terrible précarité, a initié cet engagement citoyen spectaculaire, et posé une question d’urgence sociale. C’est la même urgence affichée sur les écoles de Paris par le Réseau Educations Sans Frontières défendant les enfants scolarisés sans papiers. Quelle société voulons-nous, pour nous et pour nos enfants ? la rupture libérale ou le développement solidaire ? la réponse à cette question sera la clef de la présidentielle 2007.

Nicole Eschmann, candidate du Parti Socialiste pour les Elections Législatives 2007 dans la 1ère circonscription

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