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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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Mobilisation contre le projet de mise en concession payante des branches Nord et Sud de la RCEA.

Article mis en ligne le 5 avril 2009 par Webmestre  

Réunion publique du vendredi 3 avril 2009, Charolles (20h30)

Mobilisation contre le projet de mise en concession payante des branches Nord et Sud de la RCEA.

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Toutes les personnes présentes à la tribune et dans la salle ayant déjà pris en compte les objectifs posés par l’Association de Défense de la RCEA, tels que ressortis des réunions publiques précédentes, la réunion s’est rapidement ouverte sur la vision du projet RCEA de chaque intervenant. Les objectifs de l’association, au nombre de trois, ont été rappelés :

-   la mise à 2x2 voies de la RCEA : pour des raisons économiques, de sécurité et d’aménagement du territoire ;

-   le maintien de toutes les sorties existantes sur la RCEA : pour garantir la survie des petites communes actuellement desservies par la RCEA ;

-   le maintien de la gratuité de la RCEA.

La réunion a alors commencé par les interventions successives de chaque personnalité invitée, qui a présenté sa vision du projet de mise en concession de la RCEA par l’Etat.

Ce fut tout d’abord Jean-Claude Lagrange, président de l’ADRCEA et élu local dans la branche Nord de la RCEA qui est intervenu en réaffirmant la volonté commune de tous les élus de procéder à la mise à 2x2 voies de la route nationale. La RCEA est en effet une des dernières routes nationales que détient l’Etat sur le territoire. Il est donc inconcevable aujourd’hui d’envisager une mise en concession payante d’une route empruntée par des milliers d’usagers saône-et-loiriens qui se rendent d’une ville à l’autre de notre département pour des raisons professionnelles ou autres. C’est dans ce contexte que l’ADRCEA est née. Face au projet du Ministre Dominique Bussereau, elle manifeste et revendique sa volonté de sensibiliser les populations de Saône-et-Loire et de les mobiliser. Elle joue un rôle de lobby, afin qu’une mobilisation réelle et massive, regroupant à la fois les particuliers et les élus, puisse avoir lieu contre des péages éventuels sur la RCEA. Les préoccupations justifiant cette mobilisation tiennent notamment à des questions de développement économique, de sécurité et d’aménagement du territoire. Aujourd’hui ce sont 5 000 pétitions qui ont été signées contre ce projet de création de quatre péages confirmé par le Ministre.

Puis la réunion s’est poursuivie avec les interventions de Christian Bonnot, Jean-Luc Fonteret, Annie Palot, Didier Mathus, Jean-Paul Drapier, Michèl Faugère et Thomas Thévenoud. Aujourd’hui, ce sont tous les élus saône-et-loiriens qui sont concernés par ce projet de mise en concession de la RCEA réaffirmé par le Ministre le 23 mars dernier. La RCEA aurait pu constituer un plan de relance économique idéal. Et pourtant tel n’a pas été le cas. Le territoire de Saône-et-Loire et notamment le pays Charollais souffrent économiquement et ont besoin de la mise à 2x2 voies de la RCEA pour irriguer l’espace économique et le bassin industriel existant (4 000 emplois).

Les interventions ont été d’ailleurs orientées vers ce choix qu’ont exprimé les élus de faire de la RCEA une route nationale à 2x2 voies. En effet, cette route doit être dimensionnée au trafic et être davantage sécurisée. Dans de trop nombreux endroits (tel que la commune de Palinge), le nombre des accidents est beaucoup trop élevé et trop fréquent.

Le Conseil général affirme en l’espèce sa position ferme : l’Etat doit assumer sa charge sur l’une des dernières nationales existantes et veiller à ce que la RCEA, qui a déjà fait l’objet d’investissements du département à hauteur de 77 millions pour sa sécurisation, reste gratuite. De plus, les routes secondaires, alternatives à la RCEA ne doivent pas faire l’objet de travaux d’une ampleur conséquente ; la raison avancée est simple : ces itinéraires alternatifs sont aujourd’hui davantage consacrés à des usages touristiques.

Les élus sont également revenus sur l’enjeu lié au maintien de toutes les sorties actuelles de la RCEA. La priorité affichée est surtout économique : supprimer certaines sorties serait dangereux pour la survie économique des communes touchées.

La réunion s’est par ailleurs orientée sur les enjeux et coûts financiers du projet gouvernemental de mise en concession et a mis en exergue le poids qu’ont joué les élus socialistes nationaux. Le Ministère de l’Equipement étudie aujourd’hui plus sérieusement une mise en concession qui irait de Chalon-sur-Saône à Paray-le-Monial. Toutefois, la branche Nord de la RCEA a été écartée de cette mise en concession, du fait du poids des élus socialistes à l’Assemblée Nationale (dont Didier Mathus). Deux « victoires » peuvent à ce jour être listées : l’absence de péages entre Montceau-les-Mines et Chalon-sur-Saône et le déblocage de crédits pour l’aménagement des routes alternatives à la RCEA. Toutefois, tout est relatif : la RCEA, artère du département, doit être aménagée en 2x2 voies et rester gratuite sur la totalité du département de Saône-et-Loire. D’ailleurs, cet aménagement ne devrait pas poser de difficultés majeures : les emprises foncières et les ouvrages d’art sont déjà prêts, il ne reste plus qu’à conclure les marchés et lancer les travaux. Dans l’hypothèse où l’Etat écarterait la mise en concession, il devrait investir la somme de 400 millions d’euros pour cette mise à 2x2 voies, gratuite pour l’usager, soit la somme qu’il verse actuellement en réparation à Monsieur Tapie !

La mobilisation doit rester forte et devenir plus grande encore, face au projet ministériel de mise en concession déjà bien arrêté. Le tarif des péages a même été examiné : 2,50 € (1,75 € pour les utilisateurs fréquents) à chaque péage et dans chaque sens, soit un coût pour un utilisateur quotidien de 100 € par mois ! Le ministère justifie son projet de route payante en partant du principe que la RCEA est une route de trafic international, les entreprises pouvant supporter le coût induits par les péages.

Outre le coût qu’induirait la création de ces péages pour les usagers, c’est aussi le risque de couper les villes saône-et-loiriennes entre elles, qui est soulevé par l’ADRCEA et les élus locaux. Le département de Saône-et-Loire est marqué par cette particularité d’être constitué d’une « guirlande de villes » qui doivent rester en lien. Les tarifs des péages qui seraient instaurés risqueraient alors d’isoler les populations. Les interventions des élus ont été suivies d’un débat autour des questions posées par les différentes personnes présentes dans la salle.

La réunion s’est enfin terminée (22h30) en rappelant les objectifs fixés par l’ADRCEA et mentionnés ci-dessus et en pointant le désengagement progressif et volontaire de l’Etat par rapport à ses obligations. « Nous assistons à un hold up organisé » par les hauts responsables du département et le ministère, a précisé à juste titre Jean-Luc Fonteret, aux côtés de Thomas Thévenoud qui a rappelé, à raison, « la chronique des engagements non tenus par l’Etat ».

Merci Benjamin pour ce compte rendu.

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