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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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Article mis en ligne le 30 mai 2008 par Webmestre  

L’insistance avec laquelle l’Etat désigne les collectivités locales comme responsables, pour une grande part, des déséquilibres financiers de la France a quelque chose de stupéfiant, voire de franchement cynique. Le gouvernement actuel paraît pourtant décidé à seriner à nouveau ce refrain.

Qu’en est-il ? Depuis des années, la décentralisation est un moyen commode pour l’Etat de se défausser sur les collectivités locales de pans entiers de politiques publiques. C’est le cas, notamment, de la gestion du RMI ou des politiques d’aide aux personnes âgées. Bref, la politique sociale repose aujourd’hui pour beaucoup sur les élus locaux, qui s’emploient un peu partout à combler les vides laissés par l’Etat.

Sur le plan financier, le scénario est bien rodé. L’Etat transfère le plus souvent des ressources équivalant à ce qu’il dépensait lui-même, et qui était notoirement insuffisant. A charge pour les élus d’assurer un meilleur service, qui ne peut se payer que par des impôts ou de l’endettement. Autrement dit, l’Etat transfère de la pression fiscale, en espérant que l’impopularité de l’impôt retombe sur les élus locaux.

C’est de bonne guerre, dira-t-on. La quasi-totalité des régions depuis 2004 et, désormais, la majorité des départements et des villes, moyennes ou grandes, sont dirigées par la gauche. La droite critique donc la gauche là où elle est aux affaires. Mais il s’agit, à l’évidence, d’un mauvais procès, tant l’Etat utilise les élus locaux pour se délester de ses propres responsabilités. Le récent rapport parlementaire sur l’incapacité persistante des ministères à mener une politique immobilière économe devrait inciter le gouvernement et sa majorité à plus de discrétion.

Certes, les élus locaux ne sont pas à l’abri d’erreurs de gestion, de clientélismes ou de la "maladie de la pierre", qui a frappé nombre d’entre eux au début des années 1980. Ces travers existent. Mais un seul chiffre suffit à prouver l’ampleur du décalage entre le discours culpabilisateur de l’Etat et la réalité : les collectivités locales assurent aujourd’hui plus de 70 % de l’investissement public ! Que l’Etat fasse son travail et assume ses responsabilités. Il pourra alors critiquer, avec plus de pertinence, les dérapages budgétaires des collectivités territoriales.

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