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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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Les r ?formes pour l’emploi dopent le ch ?mage.

Article mis en ligne le 5 octobre 2008 par Webmestre  

La déferlante du chômage, en août (41 300 inscrits de plus à l’ANPE), a surpris jusqu’au meilleurs oracles. « Ce n’est pas une augmentation, c’est un dévissage », s’alarme Xavier Timbeau, l’un des directeurs de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). La crise boursière et les dégraissages dans l’automobile pourraient encore aggraver la situation.

Mais, passé l’effarement, certains statisticiens jubilent en secret devant une réalité qui contredit les libéraux les plus dogmatiques. Ceux-ci ne cessent de clamer que l’économie française n’est pas assez « flexible »et que les patrons devraient pouvoir licencier plus facilement encore. Or il a fallu que quelques semaines pour que la dégringolade de l’activité économique observée au premier trimestre se traduise par une explosion du nombre des inscrits à l’ANPE.

« Que le chômage fasse un tel bond, juste après un retournement de conjoncture, nous montre que l’emploi, en France est devenu plus flexible qu’aux Etats-Unis », ironise Xavier Timbeau. De fait, dans certains secteurs, comme la restauration, le bâtiment et l’intérim (50 000 emplois en moins au deuxième trimestre), les Lucky Luke de la lettre de licenciement s’en sont donnés à cœur joie.

Fillon recherche filon.

Les recettes des théologiens du libéralisme tardent à porter leurs fruits et la statistique se montre cruelle pour Sarko. L’une après l’autre, les réformes empilées, ces derniers mois, se retournent contre lui. Premier coup de boomerang : les heures supplémentaires. En phase de récession, elles jouent contre l’emploi. Logique : un gestionnaire ne prendra pas le risque d’embaucher pour honorer une commande inattendue et préférera faire bosser un peu plus ses salariés.

Même constat pour l’emploi aidé : Raffarin puis Fillon ont méticuleusement tordu le coup au « traitement social » du chômage. Au total, pas moins de 100 000 jobs aidés auront été détruits en 2008. Et, comme il n’y a pas de raison de s’arrêter en si bon chemin, les crédits ad hoc baissent de 5% dans le budget 2009.

Les augures ne sont guère plus favorables pour le RSA. L’explication est livrée par un économiste : « Quand le chômage augmente, il frappe surtout les moins qualifiés, auxquels le revenu de solidarité active est destiné. Les employeurs sont en effet plus sélectifs dans leur recrutement. » Après s’être battu comme un beau diable pour obtenir un financement, Martin Hirsch risque donc de constater qu’il n’en aura pas besoin. Ce monde est trop cruel.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la scoumoune pourrait poursuivre Sarko et Fillon jusque dans le financement des déficits sociaux. Pour combler le trou du régime général des retraites (5 milliards), Fillon avait en effet imaginé de taper dans les réserves de l’assurance-chômage. Devant les risques d’augmentation durable du chômage, cette idée a du plomb dans l’aile. Et Fillon en cherche désespérément une autre.

Alain Guédé

Article du Canard enchaîné.

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