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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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? Le salariat est vou ? ? dispara ?tre ?

Article mis en ligne le 25 août 2008 par Webmestre  

« Le salariat est voué à disparaître »

L’idée est à la mode. Rien n’est plus faux.

Loin de reculer ou d’amorcer un déclin inéluctable, le salariat a progressé massivement en France, en Europe, dans tous les pays développés, mais aussi dans le reste du monde. Là ou, au départ, il y avait des travailleurs forcés, des « loueurs de bras », des « journaliers », des « indépendants », nous avons assisté depuis plus d’un siècle et nous continuons d’assister à leur remplacement progressif, mais relativement rapide, par des producteurs qui ont le statut de salariés.

Certes, son expansion, accentué par le double déclin de la paysannerie et du petit commerce, est délibérément freinée par les chantres de la mondialisation libérale, obsédés par la baisse du coût du travail, mais il surmonte toutes les périodes de réaction, s’impose à contre-courant là où il est déjà installé.

Jamais le salariat, entendu comme l’ensemble des salariés, n’a été aussi nombreux et puissant, socialement et politiquement.

Une croissance mondiale

L’organisation internationale du travail (OIT)*, dénombre 2,9 milliards de travailleurs, plus d’un milliard et demi sont aujourd’hui salariés. Cet essor phénoménal du salariat marque un progrès considérable du droit du travail et de la mission que s’est donnée l’OIT : « accélérer l’accès des hommes et des femmes à un travail décent et productif, dans des conditions de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité. »

Cette amélioration reste certes relative et chaotique et ne saurait occulter le travail forcé (encore 12,3 millions d’esclaves, en recul), le travail des enfants (200 millions environ, en recul), les conditions de travail des migrants (86 millions), l’ampleur du secteur informel, le sous-emploi de masse (195,2 millions de chômeurs en 2006, soit 6,3% de la population active mondiale), le chômage des jeunes entre 18 et 24 ans (86, 3 millions sans emploi), les travailleurs pauvres qui cherchent désespérément à faire vivre leur famille avec 2 dollars par jour et, parmi eux, ceux qui ne parviennent pas à franchir le seuil d’extrême pauvreté, avec moins d’un dollar par jour.

Ce développement reste donc profondément inégal puisque, même dans les rangs des salariés, l’OIT constate que seulement 20% d’entre eux bénéficient d’une protection sociale décente, et que 50% n’en ont pas du tout. L’OIT souligne encore qu’il y a, chaque année, parmi les salariés, plus de 2,2 millions de morts par accidents du travail ou maladie professionnelle, soit 6 000 morts par jour, 270 millions d’accidents répertoriés et 160 millions de maladies professionnelles, c’est-à-dire plus de victimes que par les guerres ou les accidents de la route.

Le statut juridique associé à l’activité salariée est une condition essentielle de la promotion du « travail décent », défini par l’OIT comme la « possibilité d’exercer un travail productif et d’une protection sociale pour sa famille ».

A rebours, l’injonction à l’abolition du salariat n’est rien d’autre qu’une énième tentative de la part de ceux qui s’approprient les richesses collectivement créées pour faire régresser le droit du travail et liquider plus d’un siècle d’avancées sociales.

* L’OIT créée en 1919, confirmée en 1944, l’OIT, émanation des Nations unies, regroupe aujourd’hui 179 pays ; chargés d’élaborer les normes internationales du travail et d’en contrôler l’application, elle a adopté 180 conventions internationales et plus de 190 recommandations.

Gérard Filoche

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