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Le Parti socialiste propose la censure
Les députés socialistes ont déposé un texte de motion de censure contre l’équipe gouvernementale, qui sera débattu mardi prochain.
Article mis en ligne le 15 mai 2006 par Webmestre « Chaque député qui ne votera pas la motion de censure apportera son soutien à Villepin, Sarkozy ou Alliot-Marie, et approuvera l’ensemble de l’équipe gouvernementale actuelle : personne ne pourra fuir ses responsabilités », expliquait le premier secrétaire du PS, François Hollande, mercredi soir, à l’occasion de la présentation devant la presse internationale de son livre Devoir de vérité. Au même moment, à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, déposait le texte de la motion qui a d’ores et déjà obtenu le soutien des Verts et des radicaux de gauche. Cette motion sera débattue mardi prochain et défendue par François Hollande lui-même. S’il prend appui sur la crise ouverte au sommet de l’État, le texte fait un sort plus global à la droite en soulignant « le divorce entre le pouvoir et les Français », qui serait « consommé avec l’implication de l’exécutif dans la ténébreuse affaire Clearstream ». « Économiquement, socialement, moralement, le gouvernement a épuisé la France et les Français : tous ceux qui y participent en portent la responsabilité. Aucun ne peut prétendre s’en - exclure. » Évoquant la prochaine échéance électorale, « qui doit être l’occasion de tourner la page de ce régime de crises », la motion a aussi pour objectif explicite de faire que cette élection « ne débouche pas sur le rendez-vous tronqué de 2002, sous la menace de l’extrémisme ». Officiellement, le PS va répétant qu’il ne demande pas un recours anticipé à des élections présidentielle ou législatives. « Nous nous préparons pour 2007 », explique-t-on. Tout en appelant le président de la République à prendre ses responsabilités, auquel cas « on serait prêt ». Ce qui paraît quelque peu fanfaron, étant donné l’état du débat à gauche, et les difficultés pour la désignation des candidats. En réalité, l’initiative socialiste vise tout particulièrement à mettre au pied du mur les députés UDF qui auraient là l’occasion de clarifier leur position : soit ils soutiennent le gouvernement contre lequel ils multiplient les critiques verbales, soit ils passent dans l’opposition. Hervé Morin, président du groupe UDF à l’Assemblée, n’a, semble-t-il, pas encore tranché : « La question est ouverte... » Son collègue Maurice Leroy s’interroge et n’écarte pas le vote, arguant que, compte tenu du poids du groupe UMP à l’Assemblée, la censure « n’a aucune chance d’être adoptée ». Il y voit donc « un vote symbolique » sans risque. L’autre objectif de l’initiative du PS consiste à placer en porte à faux les députés UMP eux-mêmes ainsi que le président de cette formation, Nicolas Sarkozy. Si ce dernier donne pour consigne de ne pas voter la censure, ce qui semble assez plausible, que resterait-il de ses critiques contre le chiraquisme et contre Villepin ? Quelle crédibilité pour la prétendue « rupture » dont il se revendique, alors qu’il aurait contribué à ressouder la formation chiraquienne et à donner un nouvel adoubement au premier ministre actuel ? Dominique Bègles
Sur le WEB :
L’humanité
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