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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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La victoire ? la pr ?sidentielle semble assur ?e pour Hugo Ch ?vez.

Article mis en ligne le 2 décembre 2006 par Webmestre  

Mais, selon le directeur de l’institut de sondages Hinterlaces, les abstentionnistes gagnent du terrain.

Où en sont les intentions de vote des Vénézuéliens ? OSCAR SHÉMEL L’élection présidentielle est très polarisée : les Vénézuéliens ne reconnaissent que deux candidats, le président Chávez et Manuel Rosales. Nous effectuons des sondages téléphoniques chaque jour, et le président recueille en moyenne 45 % des intentions de vote, contre 33 % pour son rival. Cela étant, ils voient leurs scores baisser progressivement, tandis que le nombre d’abstentionnistes et d’indécis augmente. La raison de ce phénomène est que l’offre électorale n’est pas jugée convaincante. Manuel Rosales [le candidat de l’opposition] a fait un bond important dans les sondages lorsqu’il s’est présenté en tant que candidat unique, mais il a ensuite stagné et a maintenant tendance à baisser. Sa principale faiblesse est qu’il ne propose rien qui puisse rallier les “ni-ni” [ni chavistes ni opposants] des couches populaires. D’ailleurs, 59 % des personnes interrogées ne veulent pas de sa carte de retrait Mi Negra [une carte bancaire destinée aux ménages les plus pauvres et qui leur permettrait de recevoir une allocation mensuelle].

Pourquoi cette proposition est-elle rejetée aussi massivement ? Les principales préoccupations des Vénézuéliens sont l’emploi, la sécurité et le rétablissement des valeurs démocratiques. On peut dire que le Venezuela est en train de mûrir politiquement. Les couches populaires réclament des emplois stables, une administration efficace, l’égalité des chances, l’unité nationale et la modernisation de l’économie et de la démocratie. Le pays a mûri, même si nous sommes encore loin des Suédois. Nous sommes en train de sortir de l’adolescence politique et nous cherchons un nouveau sens à la démocratie. En ne proposant que des mesures d’assistanat, les politiques du parti au pouvoir comme de l’opposition sous-estiment les pauvres.

Les missions créées par le président rencontrent-elles le même rejet ? Les missions ont contribué de façon décisive à la victoire de Chávez au référendum. Une fois mises en place, les gens ont commencé à les regarder d’un autre œil. Ils trouvent qu’elles sont une bonne chose, mais elles ne fonctionnent pas toujours, à cause de la corruption et d’un manque d’efficacité général. Elles soulagent la misère mais ne sortent pas les gens de la pauvreté. Ils préféreraient avoir un bon travail.

Quels sont les points forts du gouvernement de Chávez ? Plus qu’un leader politique, c’est un leader religieux qui alimente la foi des couches populaires. Les gens le perçoivent comme un homme bon, qui aime le Venezuela mais qui est mal entouré. C’est la raison pour laquelle son gouvernement est très impopulaire, alors que le chef de l’Etat, lui, reste très populaire. Il est toutefois très critiqué pour son langage agressif et vulgaire, sa tendance à chercher la bagarre, ses voyages et ses cadeaux à d’autres pays. Ces sentiments sont partagés par les chavistes et les antichavistes. Il y a des affinités entre les deux camps. Ainsi, plus de 70 % des personnes interrogées aimeraient voir l’apparition d’un nouveau leadership, plus de 80 % contestent les atteintes à la propriété privée, plus de 80 % contestent l’affirmation selon laquelle les riches sont mauvais, et presque 80 % trouvent qu’il est normal qu’il y ait des patrons et des employés, ce qui indique qu’il n’y a pas de lutte de classes marxiste dans le pays.

Si la population entretient un lien presque religieux avec le président, on a du mal à comprendre que 70 % des personnes sondées réclament un nouveau chef. La répétition des discours des leaders charismatiques finit toujours, à un moment ou à un autre, par devenir une routine éprouvante et usante. C’est ce qui est en train de se passer et c’est ce qui explique l’augmentation du nombre d’abstentionnistes parmi les sympathisants habituels de Chávez. Il y a un mécontentement, mais il n’y a pas de rupture parce qu’il n’y a pas d’autre choix possible. J’irai jusqu’à dire que le chavisme se trouve à un point culminant, mais, comme dans les feuilletons télévisés, on ne sait pas combien d’épisodes il reste.

Existe-t-il une plus grande volonté de la part de la société civile de participer à la vie du pays ? Le désir de participation de la société vénézuélienne montre une plus grande maturité, surtout dans les couches populaires, où une grande quantité d’organisations ont été créées. Beaucoup sont soutenues par l’Etat, mais elles gardent leur indépendance parce que le gouvernement n’a pas la capacité politique de les diriger. Cette volonté de participation s’est également développée parce que les plus pauvres se sentent aujourd’hui pris en considération. Le discours chaviste a fait d’eux des sujets politiques et des acteurs de la démocratie. Lors de nos enquêtes qualitatives, nous avons entendu des commentaires tels que : “Avant, nous n’existions pas”, “Personne ne s’intéressait jamais à ce que nous avions à dire” ou “Pour l’opposition, nous sommes des ignorants”.

Simón González El Nacional

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