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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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La rupture, et l’omnipr ?sence sont remis en cause : EADS

Article mis en ligne le 12 octobre 2007 par Webmestre  

Promis juré, notre omniprésident veut toute la vérité dans l’affaire EADS ! Il souhaite que « ceux qui se sont comportés de façon malhonnête soient punis ». Certes, il n’a rien dit sur ceux qui « préfèrent passer pour incompétents » ou sur ceux qui n’étaient « pas au courant », mais il veut « aller jusqu’au bout pour savoir quelles sont les responsabilités de l’Etat ». On ne saurait le blâmer d’un tel souci de vérité. D’autant que dans cette affaire, au premier plan de laquelle, et à hauteur de 600 millions d’euros, est impliqué son « frère », Arnaud Lagardère, son silence commençait à devenir aussi pesant qu’un Airbus A380 qui vient de faire le plein.

Un président qui intervient pour le moindre fait divers et se tait quand survient une affaire d’Etat, la position était difficilement tenable. Elle n’en reste pas moins assez instable après cette exigence de transparence et de sanctions.

Cette sale histoire de délit d’initié chez AEDS qui se chiffre en centaine de millions d’euros fait non seulement désordre mais tombe au plus mal. Au moment crucial pour l’Etat où il va devoir être question de dialogue social et de pouvoir d’achat. Alors que des dirigeants du groupe européen ont empoché, en revendant avant la chute du titre, des plus-values faramineuse au détriment du contribuable et des salariés des entreprises concernées, marteler à ces derniers sans les énerver qu’il faut « travailler plus pour gagner plus » devient évidemment moins aisé.

D’autant que l’affaire éclate aussi par un malencontreux hasard juste après que l’omniprésident, ami de vingt ans et « frère » du principal soupçonné, eut fait connaître sa volonté de dépénaliser le droit des affaires. D’où cet accès tardif de volontarisme pour « punir » les « malhonnêtes », quitte, le cas échéant, à lâcher un ami de vingt ans. Sarko est en revanche nettement plus à l’aise pour ce qui est des « responsabilités de l’Etat ». Un Etat à la tête duquel il n’était pas, même s’il en faisait partie. L’ancien ministre de l’Economie Thierry Breton se défend mal en prétendant n’avoir été au courant de rien. Pas même que la caisse des dépôts, qui, « grâce » à un feu vert venu d’en haut, a laissé au bas mot 200 millions dans l’aventure, était totalement dépendante de l’exécutif en général et de son ministère de l’économie en particulier.

Mais, s’il se retrouve en première ligne, Breton n’est pas le premier visé par les vélléités sarkozyennes de transparence. C’est Chirac, le président de l’époque, et son premier ministre, devenu aujourd’hui premier opposant, un certain Galouzeau de Villepin, que l’omnichef de l’Etat (qui n’oublie pas que l’affaire Clearstream a pris corps chez EADS) ne serait pas fâché de voir dans l’embarras.

Le problème, c’est que cette atmosphère de règlement de comptes, ajoutée à celle hautement délétère et explosive, quelle que soit son issue, laisse, pour un omniprésident qui prétend incarner la rupture et le renouveau, comme une fâcheuse impression de déjà-vu.

Erik Emptaz.

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