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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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La m ?moire de ce gavroche de la rue Baron ne m ?ritait pas une telle op ?ration de communication.

Article mis en ligne le 21 octobre 2007 par Webmestre  

Lucie Aubrac :

RESISTER EST UN VERBE QUI SE CONJUGUE AU PRESENT.

Elle a dit aussi : "On ne résiste pas une fois pour toutes. On refuse l’injustice et la servitude une fois pour toutes."

Salornay sur Guye (71).

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Je laisserai lire la lettre de Guy Môquet dans mon cours par souci de mémoire.

Surtout depuis que j’ai eu ce mail :

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Je me permets d’ajouter un commentaire personnel pour vous expliquer en quelques mots, la motivation de ma démarche : je suis une grand-mère de 75 ans, d’origine juive. Ma mère a été déportée à Auschxitz en 1943, mon père a été déporté aux pays Baltes en 1944 : http://www.convoi73.org

Ayant eu la chance d’être très protégée par ma famille depuis toujours, et plus particulièrement après la déportation de mes parents, j’ai complètement occulté la déportation en générale et celle de mes parents en particulier, pendant cinquante ans, vivant en quelque sorte dans une "bulle" bien confortable. Cette bulle a fondu comme neige au soleil en 1994, lors du 50e anniversaire du départ du convoi qui emmenait mon père, à la suite de hasards et d’événements qu’il serait trop long et sans doute peu intéressant de raconter ici. Depuis 1994, j’ai rattrappé le temps perdu, si j’ose dire, et j’ai beaucoup travaillé (à titre totalement bénévole, en mémoire de mes parents, car je ne suis pas du tout professionnelle) à rappeler la mémoire des Juifs déportés de France, sous différentes formes.

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Eve Line Blum-Cherchevsky

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Le 22 octobre prochain sera lue dans toutes les écoles de France la dernière lettre qu’adressait à sa famille Guy Môquet, ce très jeune militant communiste, fusillé par les allemands le 22 octobre 1941 à Châteaubriant avec vingt six de ses camarades, à l’âge de dix-sept ans. Ainsi en a décidé Nicolas Sarkozy, sur l’avis de son conseiller Henri Guaino.

Que penser de cette trouvaille présidentielle ? Soyons honnêtes, au début, on se dit : « Pourquoi pas ? » Voilà plus de soixante ans que sa mémoire est honorée à gauche, mais pas seulement à gauche. Ne fut-il pas cité, dès 1944, à l’ordre de la nation ? Ne fut-il pas reconnu « résistant » par un décret du général de Gaulle ? Depuis 1946, une rue du XVII arrondissement et une station de métro parisienne ne portent-elles pas son nom ? Sans compter le stade de Drancy rebaptisé Guy Môquet en signe de « rachat » d’un passé municipal passablement collabo. Alors ? Figure nationale, en effet.

Puis, peu à peu, on se ravise. A bien réfléchir, ça ne marche pas. Car depuis quelques temps, Guy Môquet n’est plus seulement une figure du panthéon républicain. Des textes, des livres, des photos ont redonné chair et vie à sa mémoire. Ils font revivre la figure du gamin rieur qui, la veille de sa mort, griffonnait à la jeune Odette Nils dont il était amoureux : « Ma petite Odette, je vais mourir avec mes 26 camarades. Ce que je regrette, c’est de n’avoir pas eu ce que tu m’as promis. Mille grosses caresses. De ton camarade qui t’aime ».

Ces publications récentes nous ramènent aussi à l’univers familial, social, culturel et politique de Guy Môquet. C’est-à-dire la classe ouvrière, aux luttes du petit peuple de Clichy ou de Saint-Ouen, aux jeunes « pionniers » du dix- septième qui, comme Guy, vendaient L’huma et la vie ouvrière sur les trottoirs du boulevard Bessières, ou bien cavalaient du côté des fortifs au milieu des Manouches et des réfugiés espagnols. Sur certaines photos, on découvre ces gars, en canadienne, qui fêtent la victoire du Front populaire dans les cours d’usines, ou ces enfants qui partent vers la mer dans des autobus bondés. On aperçoit également des syndicalistes comme Jean-Pierre Timbaud, patron de la fédération ds métaux, fusillé lui aussi en 1941. Tous ces hommes et toutes ces femmes participent d’une culture, d’une tradition ouvrière, d’une fidélité encore vivante. Avec de telles images, de tels mots remis en tête, on ne peut accepter sans colère la sollicitude rétrospective et calculée de Nicolas Sarkosy.

Rien de l’univers ouvrier dont Guy Môquet était le produit ne peut décidément coller avec le Fouquet’s, les vacances de milliardaires, le yacht de Bolloré, les risettes à Georges Bush et les stratégies médiatiques qui ratissent larges.

La mémoire de ce gavroche de la rue Baron ne méritait pas une telle opération de communication.

JC. GUILLEBAUD

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La commémoration du 22 Octobre :

En effet aucune mort n’est utile, allez donc en convaincre une mère !

La commémoration de la mort de Guy Môquet, souhaitée par le Président de la République et relayée dans tous les établissements scolaires par la voie hiérarchique conduit à une série de réflexions qui croisent le cours d’Histoire de T L et T ES sur les mémoires de l’occupation et du Génocide, sur l’attitude de l’Etat et de la société face à ces questions. Elle mène plus généralement à une réflexion sur la mémoire « collective » et son inscription dans l’univers de la citoyenneté.

La mémoire n’est pas le souvenir, le souvenir n’est pas la commémoration.

La constitution d’une mémoire collective, d’une mémoire nationale est intimement aux notions de république et de démocratie telles que nous les vivons aujourd’hui. Il s’agit de constituer un socle sur lequel le pouvoir et ceux qui l’animent (les représentants du peuple) puissent s’appuyer. La République entière repose sur la mémoire, c’est l’une des sources de sa légitimité. Ainsi le 22 Octobre allons nous commémorer Guy Môquet, jeune lycéen résistant, militant communiste, fusillé par les Allemands en 1941.

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Sur le WEB : http://histoire-geo.perrecy.info/spip.php ?article72#
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