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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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La lettre de Nicolas Sarkozy aux enseignants laisse les syndicats sur leur faim.

Article mis en ligne le 6 septembre 2007 par Webmestre  

La lettre de Nicolas Sarkozy aux enseignants laisse les syndicats sur leur faim. Tout en trouvant un caractère « brillant » au texte du président, lu hier lors d’un déplacement à Blois, les principales fédérations parlent d’un discours maniant « des idées générales » qui « peuvent faire illusion », mais « éloigné de la réalité vécue au quotidien » par le monde éducatif.

« On a un texte assez brillant dans la forme, qui tente de trouver un équilibre sur les objectifs de l’école et se démarque de positions rétrogrades », a déclaré le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU, premier syndicat de l’Education) Gérard Aschieri. « Mais ce discours néglige totalement les disparités sociales et territoriales. Et quand on regarde de près, on a une culture de l’éducation très pauvre. On parle de sport au lieu de parler d’éducation physique et sportive. Rien sur l’enseignement professionnel. Aucune perspective d’améliorer les pratiques et la formation. Pas un mot sur la formation des maîtres, la recherche. »

« Un discours émaillé de contradictions » Pour M. Aschieri, « on a donc quelque chose de brillant, qui peut faire illusion, mais on n’y retrouve pas les préoccupations fondamentales d’aujourd’hui. Et puis il y a toujours ce postulat qu’on peut faire mieux avec moins, et cette thématique classique consistant à demander d’échanger une dégradation des conditions de travail et de réussite des élèves contre une revalorisation ».

Les fédérations syndicales de l’Education devraient d’ailleurs se réunir le 12 septembre pour décider d’éventuelles actions pour dénoncer « le manque de moyens » de la rentrée 2007, et les quelque 11 000 suppressions de postes d’ores et déjà inscrites au budget 2008.

Le secrétaire général de l’UNSA-Education Patrick Gonthier critique de son côté « un discours qui, pour nous, est émaillé de contradictions car il fixe des objectifs et des principes qui paraissent déconnectés de ce qui s’est fait avant ».

« Rien sur le collège, rien sur le socle commun de connaissances », égraine-t-il. « Et en cette rentrée, le président va paraître déconnecté de la réalité vécue par les enseignants qui ont plus à faire avec des suppressions de postes qu’avec des idées générales que, faute de moyens, ils ne peuvent mettre en œuvre ».

Alors que la lettre, éditée dans un fascicule de 32 pages tiré à plus d’un million d’exemplaires, doit être adressée à l’ensemble des éducateurs à l’occasion de cette rentrée, le secrétaire général du SGEN-CFDT, Thierry Cadart, ironise pour sa part sur une « opération de communication qui représente beaucoup de papier et de moyens dépensés pour un message relativement mince ».

« On retrouve des annonces déjà faites, avec un habillage grandiloquent et des contradictions, comme par exemple vouloir donner sa place à tous les élèves tout en confirmant la suppression de la carte scolaire et en parlant, au détour d’une phrase, d’un quasi examen d’entrée en sixième », explique-t-il. Selon lui, le texte présidentiel « est aux deux tiers un ouvrage de philosophie éducative, avec un discours un petit peu Café du Commerce’’ et des questions abordées sans aller au fond des choses ». Seule satisfaction limitée : « Le petit bout de fin de texte ouvre le travail de la Commission sur l’amélioration du métier d’enseignant, avec des choses intéressantes comme la possibilité d’avoir plus d’autonomie dans les choix des enseignements, et tout un paragraphe sur la question de la reconversion qui est un point important ».

Mais comme les autres responsables syndicaux, Thierry Cadart se désole que « même ça, reste dans un cadre général » où Nicolas Sarkozy a « rappelé qu’il y aura moins de professeurs.

Si ça veut dire réorganiser le métier sur fond de salaire au mérite et d’heures supplémentaires, le gouvernement n’arrivera pas à impliquer les enseignants de cette manière-là ».

Dans un communiqué, la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) qualifie la prose du président de « bien joli discours ». Mais elle s’interroge sur « la possibilité de concilier les injonctions pédagogiques du président sur l’interdisciplinarité et les méthodes actives, avec son fervent rappel de la liberté pédagogique absolue des enseignants ».

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