· Autrement en Pays Charolais

Autrement

Législatives 2017

Recherche sur le site :
Dans la même rubrique :
Publié le 15 janvier 2007 par Webmestre
Publié le 16 décembre 2006 par Webmestre
Accès direct
La gauche aux portes d’une nouvelle ?re d’alliances. La blogueuse UDF Quitterie Delmas votera Royal.

Article mis en ligne le 28 avril 2007 par Webmestre  

Quitterie Delmas, responsable de la blogosphère du centriste François Bayrou, a annoncé jeudi sur I-Télé puis sur son blog qu’elle votera pour la candidate socialiste au second tour de la présidentielle. Depuis cette annonce, la militante de 28 ans - candidate aux législatives - affirme n’avoir subi aucune pression et se réjouit d’avoir reçu de nombreuses réactions positives

La nouvelle a agité la blogosphère jeudi : Quitterie Delmas, militante bayrouiste, a déclaré, d’abord sur I-Télé, puis sur son blog, qu’elle votera pour Ségolène Royal au second tour de la présidentielle. "Si je ne vote pas à titre personnel Nicolas Sarkozy, c’est que sa dérive droitière durant la campagne sur le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale et ses propos sur l’eugénisme font de lui un incroyable conservateur. Je suis déjà d’ores et déjà en opposition politique avec ses idées." explique la porte-parole des jeunes UDF sur son site Internet. Quitterie Delmas est candidate aux prochaines élections législatives, pour la 10e circonscription de Paris (correspondant à une partie des 13e et 14e arrondissements).

Pressions ? Interrogée par LEXPRESS.fr, la jeune femme de 28 ans certifie n’avoir subi aucune pression après son annonce. "On est dans un parti libre, où beaucoup ont envie de dépasser les clivages droite-gauche." Sur son blog, elle s’assurait d’ailleurs "heureuse d’être dans un mouvement où (...) la décision personnelle est libre." Quitterie Delmas n’a pas eu de réaction de François Bayrou, qu’elle n’a pas encore croisé depuis jeudi. Sa déclaration a recueilli plus d’une centaine de commentaires des lecteurs de son blog, positifs pour l’essentiel. "J’ai invité ces derniers à venir prendre un pot jeudi : ils étaient une soixantaine, de toutes les couleurs politiques !"

Résistance Quitterie Delmas affirme clairement son hostilité envers les élus UMP dans son billet rédigé jeudi : "je n’accepte pas les méthodes employées de pressions sur les individus, qualifiée "méthodes des Haut de Seine" (...). L’attitude des sarkozystes depuis de longues années à l’Assemblée Nationale vis à vis de nos élus UDF est inadmissible. J’ai très mal ressenti ces pressions, ces menaces et railleries, et provoque chez moi un esprit de résistance."

Et l’égérie bayrouiste d’ajouter : "Si je vote à titre personnel aujourd’hui Ségolène Royal, c’est qu’ (...) elle démontre aujourd’hui qu’une refondation des appareils politiques est possible. De plus, je souhaite une réforme des institutions imminente, comme François Bayrou : séparation des pouvoirs, non cumul des mandats, proportionnelle, fin de la collusion politico médiatique."

***********************************************************************

Le flirt Royal-Bayrou remet en cause la stratégie de l’union de la gauche, en vigueur depuis 1971. Une stratégie qui n’est plus pertinente avec des alliés du PS à bout de souffle électoral.

Qu’elle soit ou non couronnée de succès, l’initiative de Ségolène Royal visant à proposer une alliance à François Bayrou illustre le fait qu’un cycle de l’histoire de la gauche tire bel et bien à sa fin, celui qui s’est ouvert en juin 1971 lors du congrès de refondation du PS, à Epinay-sur-Seine. A l’époque, François Mitterrand avait conquis les rênes du PS sur une stratégie jamais démentie depuis : l’union de la gauche.

Il en avait fait, à juste titre, le préalable à la conquête du pouvoir dans une Ve République dominée par l’élection du président au suffrage universel. Cette ligne passait principalement par l’alliance avec le PCF et s’appuya même, un temps, sur un programme commun de gouvernement.

Si Ségolène Royal peut aujourd’hui remettre en cause cette stratégie, c’est d’abord parce que ces partenaires situés à la gauche du PS se sont dilués au fond des urnes.

La gauche plurielle a disparu. Lorsque le PCF passe, comme les Verts, en dessous de 2 % des voix, les socialistes sont contraints de chercher d’autres alliés pour constituer une majorité au Parlement et former un gouvernement. En mettant le cap au centre, Royal s’inspire, sur le plan stratégique, de la coalition italienne emmenée par Romano Prodi en Italie et, sur le fond, de la rénovation idéologique conduite par Tony Blair en Grande-Bretagne.

Sans se convertir au « blairisme », le projet du PS s’est d’ailleurs réorienté depuis quelques années, notamment sous l’influence de Dominique Strauss-Kahn, sur la voie d’une social-démocratie plus « moderne ».

A plusieurs reprises, nombre de socialistes tenants de la « deuxième gauche » avaient déjà louché du côté d’une alliance avec le centre. En 1993, quelques semaines avant la déroute du PS aux législatives, Michel Rocard avait appelé à « un big bang politique » en prônant l’alliance du PS avec des centristes sociaux, des écologistes et des communistes réformateurs. L’ex-Premier ministre a réitéré son idée il y a une dizaine de jours.

A chaque fois, la majorité des dirigeants sont restés arc-boutés sur la doctrine d’Epinay et fidèles au « désistement républicain » avec le PCF.

Raison pour laquelle l’aggiornamento entamé par Royal émeut certains responsables PS, tel Jean-Luc Mélenchon qui s’est inquiété hier du risque de « luxation politique ». Certes, à force d’aller vers le centre, la candidate PS risque de perdre le (peu) de ce qui lui reste à sa gauche. Hier, Marie-George Buffet s’est dite « très préoccupée » de « telles manoeuvres [qui] ne favorisent pas le large rassemblement » anti-Sarkozy.

C’est pourtant là le dernier élément qui pousse Royal à envisager un rapprochement avec Bayrou. La présence de Sarkozy et de sa droite « décomplexée », berlusconisée, lorgnant sur l’électorat FN, l’autorise à tenter ce genre de grande manoeuvre. Historique mais risquée, très risquée.

Renaud Dély et Pascal Virot.

que pensez-vous d’un rapprochement entre centristes et socialistes....

(utilisez répondre ci-dessou...)

Le forum Répondre à cet article (pas de message pour le moment)
Ce site à reçu 634665 visites dont 379 aujourd'hui.Maxi/24 h. : 801 visites.  Moyenne : 476 visites/jour.
Site réalisé sous SPIP d'après le squelette Durzy - 2006 - Plan du site - Espace Auteurs Charte