· Autrement en Pays Charolais

Autrement

Législatives 2017

Recherche sur le site :
Dans la même rubrique :
Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
Accès direct
La fin du salariat ?

Article mis en ligne le 8 septembre 2008 par Webmestre  

De la part du patronat, annoncer la fin prochaine du salariat en dépit de sa vitalité n’est qu’une façon d’appeler de ses vœux sa disparition. Reste à bien comprendre la logique de cet objectif à peine voilé. Il se résume à la volonté de lui substituer des travailleurs « indépendants », c’est-à-dire de ne plus payer que le salaire net (le salaire direct) et de soustraire ainsi au versement des cotisations sociales (le salaire indirect). Comme le rappelle Bernard Friot* :

La socialisation du salaire telle qu’elle se construit au cours du siècle en Europe continentale, c’est le double mouvement, indissociable, d’inscription des salaires directs dans le barème d’une grille établie selon la qualification (du poste ou de la personne, selon que l’on est dans le privé ou la fonction publique) d’une part, et d’autre part de partage du salaire total en deux parties, dont la seconde, va au pot commun et peut-être qualifiée de salaire indirect.

A l’issue des luttes qui se sont déroulées tout au long du 20 ième siècle, le patronat a été contraint, selon les rapports de force, de céder aux revendications sociales et de lier le salaire direct au salaire indirect, mutualisé. Le patronat aimerait bien en revenir au sel salaire net, tel est l’enjeu. Est ce surprenant s’il n’a cessé, chaque fois qu’il le pouvait, de freiner l’un et l’autre, bloquant le salaire direct et attaquant le principe et le niveau du salaire indirect ?

Christine Lagarde ne dit pas autre chose lorsqu’elle soutient que « le contrat social », aujourd’hui, se décline en contrats de travail ». L’actuelle ministre de l’économie, des finances et de l’emploi voudrait comme le Medef supprimer les cotisations sociales, les impôts, et que « chacun se débrouille ». Mieux vaut selon elle « une répartition par l’incitation que par la contrainte ». Selon ce point de vue, la sécurité sociale devrait être remplacée par la « Billanthropie », cette philanthropie ambiguë incarnée notamment par Bill Gates, le patron de Microsoft, qui consiste à distribuer « généreusement », hors de tout système mutualisé géré démocratiquement, mais non indépendamment d’un intérêt fiscal bien compris, des milliards aux causes qui parviennent à susciter la pitié des plus fortunés.

* Bernard Friot, « Le salaire socialisé », Revue française des affaires sociales, n° 3-4, 2000.

Gérard Filoche

Salariés, si vous saviez...

Dix idées reçues sur le travail en France

La découverte.

Le forum Répondre à cet article (pas de message pour le moment)
Ce site à reçu 773769 visites dont 182 aujourd'hui.Maxi/24 h. : 801 visites.  Moyenne : 381 visites/jour.
Site réalisé sous SPIP d'après le squelette Durzy - 2006 - Plan du site - Espace Auteurs Charte