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 ? LA VRAIE RUPTURE ? D ?fendre et r ?nover le service public.

Article mis en ligne le 4 février 2007 par Webmestre  

Toute approche idéologique, dogmatique, du problème des privatisations et des nationalisations est condamnable. Ce qui ressort du secteur concurrentiel peut, en effet, être privatisé (il l’a d’ailleurs été) si l’efficacité, la satisfaction des clients et l’emploi y trouvent leur compte. Cela n’a pas toujours été le cas, puisque d’importantes sociétés privatisées sous le gouvernement Balladur sont passées sous contrôle étranger, ont été démantelées et ont procédé à d’importants plans sociaux. En revanche, la collectivité peut et doit s’assurer la maîtrise, soir de secteurs stratégiques (l’énergie), soit d’entreprises qui remplissent une fonction de service public.

Il existe encore quelques domaines où, si on applique le principe de subsidiarité, des privatisations seraient justifiées dans la mesure où elles déchargeraient l’Etat d’un poids financier sans léser pour autant les clients ou usagers. Mais des privatisations absurdes et choquantes, dans le secteur non concurrentiel, devront être annulées, telle celle des autoroutes, tandis que la gestion de l’eau ou celle des déchets (sans parler des pompes funèbres) devront être rendues à la collectivité - qui ignore que les grands groupes capitalistes, qui se sont créés à partir de la gestion et de la distribution de l’eau, ont été à l’origine de (a plupart des dérives morales et financières ?

EDF et GDF peuvent, certes, s’ouvrir aux capitaux privés, mais devront rester majoritairement contrôlées par l’Etat dans le cadre d’une structure commune. Outre la privatisation et la nationalisation, d’autres formes de propriétés collectives doivent d’ailleurs être expérimentées on encouragées, dont la mutualisation, la coopérative et la municipalisation.

Il est d’ailleurs évident que, si l’on entend réduire drastiquement le chômage, la mobilisation de l’épargne en faveur de non veaux investissements productifs créateurs d’emplois doit prendre le pas sur la ponction de l’épargne par la mise sur le marché d’entreprises existantes et donc non susceptibles de créer des emplois. La gestion des entreprises publiques pourra être rendue plus autonome, à condition de respecter de strictes conditions de service non discriminatoires à la collectivité, et, en particulier, le maintien sur le territoire tout entier afin de bloquer les processus de désertification.

D’une façon plus générale, les impératifs de rentabilité, qui ne sauraient être ignorés, devront intégrer le coût de certains effets indirects. Ainsi, une ligne de chemin de fer comptablement déficitaire peut contribuer à la baisse des accidents de la route et, en évitant l’enclavement, au maintien des activités créatrices d’emplois sur place. Il en va de même pour le maintien de bureaux de poste (ou de centres des impôts ou d’hôpitaux) dont la suppression créerait un sentiment d’abandon accélérateur d’exode rural.

Répétons-le : un organisme insoupçonnable devra procéder à un audit général de l’efficacité de l’emploi de l’argent public et examiner, en conséquence, l’adéquation de la répartition des agents de l’Etat en fonction de leur utilité sociale.

Mais décréter d’emblée qu’il ne faudra remplacer qu’un fonctionnaire sur deux, ou même sur trois, est stupide.

Il existe des fonctions administratives et bureaucratiques qu’il convient, en effet, d’alléger (comme le prouve, par exemple, l’inflation des emplois à la mairie de Marseille ou leur stabilité dans certains ministères dont l’importance ne cesse pourtant de se réduire) ; mais, en même temps, les secteurs de la santé (infirmières), de la sécurité ou de la justice nécessitent des créations de postes.

Va-t-on réduire le nombre de policiers, de pompiers ou ne remplacer qu’un prof sur deux ? C’est donc moins à une forte réduction du nombre de fonctionnaires qu’il faut tendre qu’à un redéploiement et à une utilisation plus rationnelle des effectifs, ainsi qu’à une revalorisation des carrières et surtout des évolutions des carrières. Le service de l’Etat, et donc de la collectivité, doit de toute façon être réhabilité à l’heure où la recherche de l’enrichissement par le service à soi-même permet toutes les dérives.

Faut-il, en cas de grève dans un service public, imposer un service minimum ? Là encore cette phraséologie est stupide, puisque ce sont justement les services minima, pour cause de grèves perlées, sauvages, minoritaires, ou de conflits catégoriels, qui exaspèrent les usagers. Plus raisonnable serait d’imposer une négociation préalable à tout déclenchement de grève, qu’un vote majoritaire du personnel, en cas d’échec, rendrait alors, non plus minimal, mais maximal.

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