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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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L’ ?mission de Schneidermann g ?nait. Elle est supprim ?e.

Article mis en ligne le 30 juin 2007 par Webmestre  

L’émission de Schneidermann gênait. Elle est supprimée.

Haro sur images -

En torpillant Arrêt sur images, France 5 débarrasse enfin la télévision de sa mauvaise conscience. Elle sévissait depuis douze ans, incarnée par un Daniel Schneidermann singulièrement retors, franc-tireur, l’œil rivé au travail des journalistes, leur agitant parfois la charte déontologique sous le nez pour les rappeler à l’ordre. Une veille sans répit, agaçante et nécessaire. Ciblant tous les reporters sans distinction de chaîne. Retournant le miroir une fois par mois pour un sain exercice d’autocritique.

France Télévisions a fini par craquer : Schneidermann crachait trop dans la soupe. Il paye d’avoir montré du doigt les « lancements bizarres » de Béatrice Schönberg lors de la crise du CPE. Sa manière d’éviter soigneusement de prononcer le nom de son compagnon, Jean-Louis Borloo.

La séquence rendit la directrice de l’information Arlette Chabot « furieuse », raconte l’animateur. Plus tard le directeur des programmes de France 5 lui aurait demandé de « ménager les personnalités du groupe ». Bref, de ne pas trop mouiller ses collègues. D’être corporate, diraient les Anglo-Saxons. Eviter, par exemple, de nous révéler que ces prétendues images de talibans abattus, diffusées dans un reportage de France 3 (début décembre), provenaient en réalité d’un documentaire sur la chasse à la marmotte. En résumé, d’être plus vigilant sur les bidonnages des autres, un peu moins sur ceux de France Télévisions.

France 5 justifie autrement sa décision, parle d’une émission « usée » (l’audience et la qualité se maintenaient pourtant).

Tandis que Daniel Schneidermann n’y voit que la conséquence de son insubordination (qu’il pousse parfois jusqu’à la mauvaise foi, s’étonnant d’être viré par une direction publiquement dénigrée).

On ne s’inquiète pas tant pour lui que pour son émission, intelligente, fouillée, précise. La seule à dépecer les images, à éplucher leur genèse. A analyser de front l’emballement médiatique d’Outreau, les reconstitutions soviétiques de la libération des camps, l’imagerie virtuelle de second life.

En remplacement d’Arrêt sur image, que promet la chaîne pour la rentrée ? Une émission de « libre parole autour de l’actualité, en direct, entre éditorialistes et spectateurs », indique Philippe Vilamitjana, directeur des programmes. Une sorte d’En aparté, avec plus d’interactivité. On imagine Laurent Joffrin, Guy Birenbaum et Jean-Luc Hees brassant l’air du temps autour d’une table et répondant aux questions postées via webcams. Est-ce que ça parlera des médias ? « Quand l’actualité l’imposera », dit-on à France 5.

On l’aura compris : la véritable critique de la télévision disparaît complètement de la lucarne. Ne subsistera plus que L’hebdo du médiateur, sur France 2, avec son intérêt et ses limites. Le reste ? Une télé auto satisfaite, repue d’elle-même.

Et sa mauvaise conscience réduite à râler sur Internet.

Erwan Desplanques.

Pétition Arrêt sur Images

Pour préserver la diversité du paysage audiovisuel français


Sur le WEB : http://arret-sur-images.heraut.eu/
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