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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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Etats g ?n ?raux sur le zinc !, par Fr ?d ?ric Lema ?tre.

Article mis en ligne le 19 mars 2009 par Webmestre  

Il y a quelques années, un essai sociologique eut un succès mérité mais néanmoins inattendu. Sous le titre, Les Décisions absurdes (Gallimard, 2002), son auteur, Christian Morel, y expliquait comment des personnes compétentes pouvaient être amenées à "agir avec constance et de façon intensive contre le but qu’elles se sont fixé".

La décision européenne de réduire la TVA sur certains services, notamment la restauration, entre dans cette catégorie. Que l’Europe s’intéresse à ce sujet au nom de la concurrence est déjà, en soi, absurde. Pourquoi diable un pays peut-il baisser ses impôts sur le travail ou le capital comme il l’entend mais pas diminuer la TVA sur des services locaux sans l’accord des vingt-six autres pays ?

Malgré les explications des eurocrates, le mystère reste entier. Il s’épaissit même lorsqu’on apprend que, dans un même élan de générosité, les ministres ont décidé à l’unanimité d’autoriser le Portugal à appliquer un taux réduit sur le péage des ponts de Lisbonne. On espère que le pont de Tancarville n’en souffrira pas trop...

Plus grave, les ministres ont annoncé que cette baisse de la TVA était la dernière. Enterrée donc l’idée, elle réellement innovante, d’instaurer une taxe réduite sur les produits écologiques émise, en 2007, par Paris et Londres.

Au moins, cette première absurdité permettait-elle jusqu’ici d’en éviter une autre : baisser la TVA sur la restauration, une promesse faite par un Jacques Chirac en mal de réélection, en 2002, et reprise par un Nicolas Sarkozy dont la stratégie de rupture n’a pas résisté au zinc des comptoirs.

En période de croissance, la baisse de la TVA avait d’autant moins de chance de favoriser l’embauche que le secteur souffrait d’une pénurie d’emplois en raison de la pénibilité du travail. Dans le meilleur des cas, les bénéfices réalisés par les restaurateurs allaient donc contribuer à augmenter les salaires. Mais financer des hausses de revenus de salariés protégés de la concurrence internationale par un accroissement du déficit public est assez peu compréhensible.

En période de crise, cela devient tellement... absurde qu’il faut désormais rien de moins que des états généraux pour feindre d’obtenir des garanties de représentants... qui ne représentent d’ailleurs qu’eux-mêmes. "Le président souhaite un effort sur le prix du café", a déclaré sans rire la présidente des bistrotiers. Grâce à Bruxelles et à Nicolas Sarkozy, la France va donc bientôt tenir des états généraux sur le prix du petit noir !

Qu’un président de la République multipie les états généraux finit même par devenir suspect. M. Sarkozy serait-il un révolutionnaire ? Sa dernière initiative : permettre à Thomas Devedjian, fils de son père, d’intégrer le fonds stratégique d’investissement, placé sous l’autorité dudit père, laisse planer un soupçon de favoritisme bien loin de l’idéal républicain. On attend avec impatience l’avis de Bruxelles sur le sujet.


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