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Publié le 21 janvier 2007 par Webmestre
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La Renaissance : Arnaud Montebourg ? Marcigny : ? Pourquoi je soutiens S ?gol ?ne Royal ?

Le 8 septembre 2006 par Jean-Pierre Laveder

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de l’ Hebdomadaire R ?gional, La Renaissance, 13, Rue des Deux Ponts 71600 PARAY LE MONIAL


Article mis en ligne le 26 septembre 2006 par Webmestre  

Vendredi soir à Marcigny, lors d’une réunion publique, le député bressan a déployé tous ses talents d’orateur devant 250 personnes venues de toute la région, expliquant les raisons de son engagement aux côtés de Ségolène Royal. Et il a esquissé ce qui pourrait bien devenir le socle du programme de campagne de la dame de Charente- poitou.

« Nous voulons comprendre ta démarche. Dans quel esprit t’engages-tu aux côtés de Ségolène Royal ? », lui demanda d’emblée Jacques Rebillard dans son allocution d’accueil. La réponse d’Arnaud Montebourg était d’autant plus attendue par les militants socialistes de la région qu’une forte proportion d’entres eux l’ont appuyé et suivi depuis plusieurs années dans son mouvement rénovateur... vis-à-vis duquel Ségolène Royal n’a pas montré de sympathie particulière.

« Il est vrai qu’au référendum européen, elle a voté oui et moi non, concéda Arnaud Montebourg. Elle était proche de la direction, j’en étais éloigné. Elle a approuvé la synthèse du congrès du Mans, je m’en suis exclu. Entre socialistes, notre problème à tous est de dépasser ces oppositions, ces clivages. Nous avons toujours eu des désaccords et des débats entre courants. C’est cela qui fait la richesse et l’authenticité de notre parti, à condition que cela n’aille pas jusqu’à créer des divisions irréversibles. Aujourd’hui, il n’y a plus de candidats du oui ou du non. Tous les candidats à la candidature ont en commun d’être socialistes et doivent tirer des leçons des évènements passés pour construire l’avenir. Mon soutien à Ségolène Royal va dans le sens d’un rassemblement du parti. Sa victoire permettra un saut générationnel et la rénovation de la direction que j’ai toujours souhaitée. J’ai beaucoup parlé avec elle. Nous avons des divergences, mais c’est une authentique rénovatrice. »

Les points de divergence, il n’en fut guère question. Arnaud Montebourg, dans un dialogue avec la salle, aborda différentes questions, esquissant et rôdant- la salle en eut-elle conscience ?- ce qui pourrait bien devenir le socle du programme de campagne de Ségolène Royal. Quelques moments importants de ce discours :

-Construction européenne : la relancer en proposant un nouveau traité, soumis à référendum et qui aura pour objectif principal de « relocaliser ».

Pour Montebourg, « il faut des règles internes qui permettent aux instances européennes de défendre l’économie du continent. En Saône-et-Loire, il y avait une industrie textile importante. Rien que dans ce département, nous avons perdu 70 000 emplois, parce que nous avons décidé de ne pas nous protéger pour des raisons idéologiques ! Les américains, chantres, du libéralisme, savent se protéger dans tous les secteurs de l’économie. Nous, il faut organiser la résistance au plan européen. D’ailleurs, la crise pétrolière favorise les relocalisations. L’énergie chère, la pollution, ôtent beaucoup d’intérêts au transport des marchandises de pays où la main d’œuvre n’est pas chères vers les pays de consommation. Il faut faire valoir au plan international que, pour économiser l’énergie, préserver les ressources pétrolières qui s’amenuisent et préserver l’environnement, on doit s’imposer de produire au plus près des zones de consommation et ne plus accepter de faire migrer les capitaux pour aller produire ailleurs. La politique d’une production au moindre coût, tue la planète provoque l’exploitation des pauvres. La hausse du pétrole est une arme dont il faut se saisir pour relocaliser, les activités industrielles...et défendre notre agriculture ».

-Agriculture : revenir à la préférence communautaire.

« Oui, en agriculture aussi, il ne faut pas ouvrir les frontières de l’Europe et imposer un alignement des prix sur les cours mondiaux, poursuivit l’orateur. Ce sera fatal à de nombreuses zones rurales et réduira à néant nos efforts d’aménagement du territoire. Quand Tony Blair dit : nous préférons mettre l’argent de l’Europe dans la recherche que dans les vaches, il a tort. La recherche pour la recherche ça n’a pas de sens. Je rappelle aussi que la population mondiale augmente, que les terres arables diminuent, et qu’il y a des bouches à nourrir. Et il ne faut pas oublier que l’agriculture et l’industrie européenne sont interdépendantes et le seront de plus en plus, non seulement dans le domaine alimentaire mais aussi dans la santé, l énergie, la chimie... Les libéraux ont démantelé la Politique Agricole Commune. Les socialistes la défendent. Industrie et agriculture, même combat ! »...

-Economie, social : moraliser les pratiques et mieux partager.

Arnaud Montebourg s’en est pris aux stocks options, « une pratique caractéristique d’un système qui sur-rémunère le capital et sous-rémunère le travail et qui donne lieu à de nombreux abus. On voit des dirigeants incompétents qui ont mené leur entreprise au désastre et qui vendent leurs stocks options au bon moment en se rendant coupables de délits d’initiés ou qui abandonnent l’entreprise avec un parachute en or. Le haut patronat a reconstitué des privilèges aristocratiques et donne des leçons de morale en prêchant la modération salariale aux syndicats et aux salariés alors que le pays a besoin de pouvoir d’achat pour consolider la croissance. C’est de justice dont l’économie a besoin et d’un rééquilibrage entre les revenus du travail et ceux du capital ».

-Immigration : s’attaquer aux causes,... « comme le demandent les évêques ».

Dans son allocution d’accueil Jacques Rebillard avait demandé à la gauche « d’éviter d’avoir le même langage que la droite qui a toujours un bouc émissaire : un jour, ce sont les jeunes que l’on montre du doigt en leur infligeant le CPE, un autre les chômeurs ou les immigrés, soit disant fauteurs d’insécurité. Je veux rappeler que les gens heureux ne migrent pas ». Arnaud Montebourg s’inscrivit dans la même ligne : « Croyez-vous que c’est en expulsant les immigrés que l’on résoudra le problème ? Mais agir sur les causes de l’immigration, comme le demandent notamment les évêques, c’est réorienter la politique étrangère. Or la politique étrangère, c’est le domaine réservé du président. Nous, les parlementaires, n’avons rien à dire en la matière ! Voilà par exemple un point important auquel la réforme des institutions, à laquelle je tiens, devra remédier. »

-Maintien des services publics : « Il va falloir mettre de l’argent...mais en économiser ailleurs en réformant l’intercommunalité ».

La maire de Melay, M. Jean-Claude Ducarre, prit la parole et se disant « excédé de voir, sous couvert de décentralisation, le désengagement de l’Etat. Malgré les discours, les bureaux de postes, les perceptions, la DDE, les structures de santé...disparaissent de nos villages, s’en éloignent ». Arnaud Montebourg lui répond que « la gauche a une part de responsabilité. C’est sous Jospin que l’on a accepté la privatisation progressive des activités postales, alors que la poste qui couvrait l’ensemble du territoire avec 17 000 bureaux pouvait fonctionner en autofinancement grâce aux timbres. Effectivement, tout le monde savait que les opérateurs privés en concurrence se focaliseraient sur les secteurs les plus juteux et délaisseraient des pans entiers du territoire. Il faut que la gauche aussi fasse son autocritique à ce sujet. Aujourd’hui, c’est à la privatisation de GDF que l’on assiste et tout le monde sait que ce sera irréversible. Il faudrait mettre trop d’argent pour revenir en arrière. La privatisation, c’est la folie des gouvernements contaminés par le libéralisme. Pour éviter de nouvelles dégradations des services publics, il va falloir mettre de l’argent, mais en économiser par ailleurs. Car des impôts, des recettes, on n’en a plus. Il faudra donc que le monde rural consente à des réformes qui nous permettent de retrouver des moyens. Je pense notamment à l’intercommunalité ».

-Intercommunalité : « Il faut passer la débroussailleuse - pas le karcher ! - dans le maquis des structures intercommunales ».

Poursuivant sur le sujet de l’intercommunalité, Arnaud Montebourg Rappela : « En Bresse, les élus de gauche ont fait un travail sur le sujet à la suite d’un rapport de la cour des comptes. Dans le Pays de Bresse Bourguignonne, on dénombre 53 syndicats intercommunaux et communautés de communes recensés par la préfecture. L’éparpillement des échelons administratifs, l’enchevêtrement des compétences, la suradministration, l’absence de démocratie et de contrôle efficace, la multiplication des indemnités des élus, présidents et vice-présidents de toutes ces structures coûtent cher. Nous estimons que ces seules indemnités d’élus se montent à plus de 600 000 € par an ! Une réforme s’impose pour faire des économies et les réaffecter par exemple à des actions de dynamisation des services publics. Comme le préconise la cour des comptes, nous proposons de regrouper tous les syndicats et les communautés de communes du territoire bressan dans une et même unité : le Pays de la Bresse Bourguignonne. Il faut doter les pays du pouvoir de lever l’impôt et en faire de véritables outils de développement du monde rural, donner la possibilité aux zones rurales de peser face aux communautés d’agglomération urbaines qui aspirent les activités ».

-Vis-à-vis de la jeunesse : « posture morale » de Ségolène Royal.

Répondant aux questions de la salle sur les positions de Ségolène Royal sur la carte scolaire et sur l’instauration d’un service civil pour tous les jeunes, Arnaud Montebourg observa : « Vis-à-vis de la jeunesse, c’est une posture morale qui guide les propositions de Ségolène Royal. La Carte scolaire, contrairement à Sarkosy, nous ne voulons pas la supprimer mais l’aménager, car un tiers des familles y dérogent. Elle ne garanti plus la mixité sociale qui était et doit rester son principal objectif. Quant à la création d’un service civil pour tous, qui peut être contre le fait de rappeler à la jeunesse d’un pays qu’elle est unie dans une même entité, qu’elle a un devoir de solidarité avec ceux qui vivent à ses côtés... Qui peut-être contre l’apprentissage de la discipline, du sens civique, du sens de l’autre ? »...

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